A lui seul, le géant franco-indien de l’acier représente un quart des émissions de CO2 de l'industrie française. Au total, ses usines sidérurgiques de Dunkerque (Nord) et de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) ont produit 8,2 tonnes d’acier brut en 2022. En février 2022, le groupe a présenté un plan de transition budgété à 1,7 milliard d’euros. Il vise à diminuer les émissions en France d’ArcelorMittal de 40% d’ici 2030 (ou 7,8 millions de tonnes par an). «On va créer en capacité décarbonée l’équivalent de ce que l’on va désinstaller», précisait début 2022 Eric Niedziela vice-président action climat d’ArcelorMittal Europe et président d’ArcelorMittal France, auprès de L’Usine Nouvelle.
A Dunkerque, le groupe prévoit d’installer une unité de réduction directe, qui permettra de produire 2,5 millions de tonnes de fer quasi pur (dit “minerai de fer préréduit”) à partir de minerai de fer. En lieu et place du charbon consommé dans les haut-fourneaux, le procédé utilisera d’abord du gaz naturel avant de passer à l’hydrogène vert, quand ce dernier sera disponible en quantité suffisante et à des prix abordables, explique ArcelorMittal sans avancer de date.
Deux des trois haut-fourneaux seront fermés
Deux des trois haut-fourneaux du site seront fermés, alors que deux fours à arc électriques (l’un couplé à l’unité de DRI, l’autre seul dédié au recyclage). Ils serviront à transformer en acier le minerai de fer préréduit et des chutes de ferrailles. A Fos-sur-Mer, le plan d’ArcelorMittal est moins détaillé et semble miser surtout sur le recyclage, via la fermeture d’un haut-fourneau et l’installation d’un four à arc électrique.
L’aciériste devrait recevoir une subvention d’au moins 850 millions d’euros de la part de l’Etat français. Ce montant doit être versé en quatre tranches d’ici 2026 pour soutenir la transformation du site de Dunkerque, explique la Commission européenne qui a validé l’aide cet été, sans mentionner le site de Fos-sur-Mer. A plus long-terme, ArcelorMital s’intéresse au captage et stockage du CO2, via un pilote installé à Dunkerque. Cette technologie, qui n’est pas encore mature, pourrait permettre à l’aciériste de capter les émissions restantes après le passage à l’hydrogène et de progresser vers la neutralité carbone en 2050.



