Le haut fourneau numéro 1 de l’usine ArcelorMittal Méditerranée à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) ne devrait pas reprendre du service avant fin 2023. Arrêté pour des raisons techniques, il devait être redémarré, mais la direction de l’unité annonce qu’il «sera maintenu à l’arrêt à l’issue des opérations de maintenance, jusqu’à ce que la situation de marché soit cohérente avec une mise en marche du site à deux hautsfourneaux».
C’est une baisse sensible de la demande qui justifie cette décision. Une réévaluation sera effectuée dans le courant du 1er trimestre 2024 pour apprécier l’opportunité de le remettre en route. «Durant cette période, des mesures d’adaptation seront mises en place, avec une priorité pour la formation du personnel et les actions de pérennisation des installations industrielles» indique la direction.
Un exercice secoué malgré les efforts engagés
L’usine de Fos-sur-Mer subit décidément une année 2023 agitée puisqu’elle avait eu maille à partir avec l’Inspection du travail au tout début de l’été. Cette dernière souhaitait la sanctionner d’une fermeture administrative de son aciérie en raison de ses émissions de poussières jugées dangereuses pour la santé des salariés avant que la direction ne renforce ses mesures de protection et que la situation ne s’apaise.
Parallèlement, le 2ème site industriel français en volumes d’émissions de CO2 conduit sa transformation pour préparer la décarbonation de ses activités. Un investissement en cours de 73 millions d’euros (soutenu par l’État à hauteur de 15 millions d’euros) concerne, entre autres, la construction d’un four poche de 50 MW de puissance afin d’accroître la part d’utilisation d’acier recyclé dans son procédé et de réduire en 2025 de 10% ses émissions de CO2.
ArcelorMittal Méditerranée emploie à Fos-sur-Mer près de 2 500 personnes et fabrique près de 4 millions de tonnes d’aciers par an, en 150 nuances, pour le compte de 500 clients de l’automobile et de l’industrie… quand le marché s’y prête.



