ArcelorMittal évite la fermeture provisoire de l’aciérie de Fos-sur-Mer

Quelques jours après que l’Inspection du travail a réclamé la fermeture de l’aciérie ArcelorMittal de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) jusqu’à ce qu’elle se mette en conformité sur le contrôle et la réduction de ses émissions de poussières, le tribunal administratif de Marseille a suspendu cette décision.

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Zone de Fos - ArcelorMittal et environs
Le tribunal administratif de Marseille a suspendu, le 6 juillet, la décision de l’Inspection du travail de faire fermer l’aciérie ArcelorMittal Méditerranée de Fos-sur-Mer.

Le 19 juin, l’Inspection du travail avait notifié à la direction d’ArcelorMittal Méditerranée une décision d’arrêt temporaire de son aciérie, à la suite de contrôles qui ont relevé des émissions de poussières dangereuses dans l’installation, où travaillent quelque 450 salariés. Le juge des référés du tribunal administratif de Marseille (Bouches-du-Rhône), saisi par la direction, a suspendu cette décision le 6 juillet.

La justice considère que «l’arrêt immédiat de l’aciérie porte une atteinte grave à la liberté du commerce et de l’industrie», d’autant plus qu’elle estime que les améliorations réclamées par l’Inspection du travail ont été prises en compte dans un ultime plan établi le 29 juin. Celui-ci comprend notamment «l’achat immédiat de plusieurs centaines de masques ventilés, le nettoyage des poussières régulier par une société spécialisée, la mise en place de brumisateurs, les vérifications d’étanchéité de certaines installations, des visites de contrôle, etc…». Le juge relève également que «l’entreprise a prévu des travaux à court terme pour la réalisation de sas d’étanchéité ainsi qu’une étude pour modifier son processus industriel afin de limiter les poussières».

Renforcement en cours

ArcelorMittal Méditerranée, qui avait entamé le processus d’arrêt des unités (la procédure exige six à huit semaines en moyenne) évite donc une manœuvre lourde de conséquences techniques et financières, mais pas seulement : stopper un site comme l’usine de Fos-sur-Mer provisoirement puis le redémarrer peut engendrer des impacts internes et externes supérieurs à ceux que l’Inspection du travail souhaitait faire cesser.

La direction de l’usine s’est employée avec les organisations syndicales et la médecine du travail à accentuer ses efforts pour réduire l’exposition aux poussières et matières toxiques relevées par l’Inspection du travail (silice cristalline, fibres céramiques réfractaires, substances chimiques…). «Nous poursuivons le dialogue avec l’Inspection du travail, les représentants du personnel et nous mettons en œuvre notre plan d’action dont plusieurs mesures sont en cours de déploiement», indique la direction. Ses équipes R&D planchent notamment sur la recherche d’un produit de substitution à la cendre de riz (qui contient la silice cristalline) pour solidifier l’acier aux coulées continues...

Ces dernières années, le site de Fos-sur-Mer a fait l'objet de plusieurs mises en demeure préfectorales et a reçu plusieurs plaintes judiciaires pour pollution, provenant de riverains et d'ONG. Certaines ont été rejetées mais d'autres sont toujours en cours.

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