Après les cheminées et le bois, le groupe Poujoulat se lance dans les réseaux de ventilation

Le groupe Poujoulat, spécialisé dans les cheminées et le bois énergie, lance Vitalome, une filiale dédiée aux réseaux de ventilation, en commençant par les maisons individuelles. Ses capacités industrielles existantes seront mises à contribution.

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Conduit d'air Vitalome
Après les cheminées, Poujoulat s'adapte aux conduits verticaux dans les maisons, par l'intermédiaire de l'air intérieur.

Diversification à moindre risque pour le groupe Poujoulat. L’industriel (1700 salariés, 400 millions d’euros de chiffre d’affaires), qui réalise 60% de ses ventes dans les conduits de cheminées, les cheminées industrielles (il en est numéro 1 en Europe) et les produits design en acier, et à 40% dans le bois énergie (leader en France) lance Vitalome, une filiale dédiée à la conception et à la commercialisation de réseaux de ventilation dédiés au renouvellement de l’air intérieur.

«Nous pourrons faire à l'horizontale ce que nous avons fait à la verticale avec les chaudières il y a une trentaine d’années, à savoir partir des conduits de réseaux pour aller vers la maison. La ventilation, c’est vraiment le parent pauvre du logement, avec un enjeu majeur en toile de fond, à savoir la transition énergétique du bâti», constate Frédéric Coirier, le PDG du groupe basé à Saint-Symphorien (Deux-Sèvres). Question marché, le dirigeant du groupe Poujoulat cible le tiers des 18 millions de maisons individuelles qui ne disposent pas de systèmes de ventilation, et l’autre tiers de maisons dotées de systèmes de ventilation mécanique contrôlée (VMC) dont le réseau n’est pas entretenu.

Pour assurer le démarrage industriel de cette activité, «nous n'avons pas eu besoin d’investissements spécifiques, nous nous appuyons sur les équipements du groupe», poursuit Frédéric Coirier, qui mobilisera ses usines de Saint-Symphorien et de Tourcoing (Nord) pour la production. Le site de Tourcoing est chargé de la production des flexibles semi-rigides et de connexion, tandis qu’une ligne du site de production des Deux-Sèvres est mobilisée par intermittence, un schéma qui sera reproduit dans le cadre de l’installation d’une future troisième ligne. «Quelques centaines de milliers d’euros» ont été dépensés en brevets et en moules.

Les artisans sollicités

«Notre solution consiste à reprendre le contrôle du système de ventilation, avec un réseau pensé sous forme d’un conduit rigide ou semi-rigide circulaire en acier lisse intérieur et isolé, et pouvant être entretenu. Il sera aussi esthétique», illustre Stéphane Thomas, le directeur général de Vitalome, une filiale dotée de trois commerciaux dédiés et qui s’appuiera sur les fonctions support du groupe. Pour s’adapter à l’obligation de vérification des systèmes de ventilation dans le résidentiel induite par la réglementation environnementale RE2020, ce membre du comité stratégique du groupe Poujoulat promet également d’avoir conçu un produit facile à entretenir.

Porté par le groupe depuis quatre ans, Vitalome ne s’appuiera pas sur les grandes surfaces de bricolage ou sur les négoces pour se développer, mais souhaite tisser un réseau de 100 à 150 installateurs partenaires, à raison d’au moins un par département.

«Nous voulons professionnaliser l’installation du réseau de ventilation jusqu’à l’entretien», justifie Stéphane Thomas, qui met aussi les relations potentiellement tissées entre les particuliers et des artisans. Ceux-ci bénéficieront d’un argumentaire santé tout trouvé : d’après la marque, 95% des installations ne sont pas entretenues dans les maisons individuelles, tandis que l’air intérieur serait de cinq à dix fois plus pollué que l’air extérieur. De quoi inciter à sortir le portefeuille ?

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