Comment Poujoulat industrialise la production de bûches dans sa bois-factory 70 de Demangevelle

Le fabricant niortais de cheminées Poujoulat a inauguré le 12 mai à Demangevelle (Haute-Saône) une troisième usine de production de bois de chauffage, Bois-Factory 70. Un site unique en Europe, voire dans le monde.

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Poujoulat a installé sa troisième usine à bâches de chauffe sur le site de la filature de Demangevelle en Haute-Saöne.
Poujoulat a installé sa troisième usine à bûches de chauffe sur le site de la filature de Demangevelle en Haute-Saône.

Et de trois ! Après Bois-Factory 36 (BF36) à Buzançais (Indre) en 2011 et Bois-Factory 42 (BF 42) à Noirétable (Loire) en 2014, le fabricant niortais de conduits de cheminées Poujoulat a inauguré  le 12 mai à Demangevelle (Haute-Saône) une troisième usine à bûches en bois de chauffage, Bois-Factory 70 (BF 70). Fruit d’un investissement de 27 millions d’euros, déjà réalisé à 90 %, elle a été mise en service en septembre 2020. Mais, Covid oblige, l’inauguration a dû attendre. Un délai qui a déjà permis d’ajouter sur le site - 9 hectares dont 25 000 m2 de couvert, installé sur la friche industrielle d’une filature fermée en 2008 et où travaillent 35 personnes en 2x8 - une première ligne de production de bûches en bois densifié avec les déchets du site, sur « ce site industriel unique en Europe, voire dans le monde », affirme Frédéric Coirier, le PDG de Poujoulat.

Séchage industriel en continu

En cinq jours, « du bois frais de charme, hêtre, frêne et un peu de chêne, provenant d’un rayon de 50 km autour du site, y est écorcé, fendu en bûchettes de 25, 30 ou 40 cm, séché dans un four de 100 mètres de long en flux continu chauffé grâce aux écorces, et conditionné en palettes de 1 à 1,5 stère », explique Pascal Bouju, le directeur du site. Alors qu’il faut au moins laisser sécher du bois deux ans à l’air libre avant de pouvoir le brûler, Poujoulat a appris à maîtriser le séchage industriel du bois dans son laboratoire Céric et dans ses premiers sites BF36 et BF42. «C’est une science complète, qui doit tenir compte de l’essence du bois et des saisons de coupe dont dépendent les montées de sève. À chaque nouveau site on s’améliore », explique Frédéric Coirier, qui veut tirer le marché du bois « vers le haut ».

Qualité et taux d'humidité maîtrisés

Objectif, obtenir un bois avec un taux d’humidité certifié de 15 à 20%, qui augmente le rendement énergétique du bois de chauffage de 30%, et donc réduit la consommation. Une qualité certifiée qui permet à Poujoulat, via sa filiale Euro Energies créée dès 2007, de développer la vente de bois, en grandes surfaces via sa marque Woodstock, ou livré à domicile sous a marque Crepito. « On a industrialisé la production de bois bûches », résume Frédéric Coirier.

Constatant que la qualité du bois de chauffe vendu en France ne correspondait pas aux critères de qualité des poêles à bois vendus par ses partenaires et pour lesquels Poujoulat construit les conduits de cheminés, l’ETI niortaise a en effet décidé d’investir 10 millions d’euros dans un premier site de production de bûches en 2010 dans l’Indre. Aujourd’hui, le groupe Poujoulat (1600 salariés, 11 usines dont 9 en France, 302 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2021) commercialise 300 000 tonnes par an de pellets de bois produits dans dix sites partenaires en France, 17 000 palettes de bois d’allumage, 35 000 tonnes de bûches densifiées et 200 000 stères de bois de chauffage certifiés produits dans ses quatre sites, les trois Bois factory construits par Poujoulat plus un site de l'Office national des forêts (ONF), Bois Buche Centre Atlantique (25000 stères par an), acquis en 2021.

Un nouveau site tous les deux ans

Cela ne représente que 1% du marché français du bois de chauffage, soit 7 millions de logements équipés d’un appareil de chauffage au bois qui brûlent 35 millions de stères par an. Mais Poujoulat a de grandes ambitions. Il veut multiplier par trois en trois ans son chiffre d’affaires dans les combustibles solides. Ce dernier était de 104,7 millions d’euros en 2021. D’une part en profitant de la hausse des prix, le bois ayant déjà augmenté de 15% depuis octobre 2021. D’autre part en augmentant la capacité de production du site BF70 de Demangevelle, qui va passer de 70 000 stères par an aujourd’hui à 150 000 stères, 20 000 m3 de bois d’allumage et 10 000 tonnes de bûches densifiées par an, et emploiera 45 personnes. Enfin, Poujoulat va accélérer le rythme d’ouverture de ses sites de production de bois combustible. « D’un tous les cinq ans, on va passer à un tous les deux ans, pour mailler le territoire français », précise Le PDG de Poujoulat. La quatrième bois-factory de Poujoulat sera construite dans l’Ouest, sans plus de précision à ce stade. On sait juste que cela ne sera pas en Bretagne, où le bois est peu disponible.

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