L’avenir de Poujoulat Group passera par le bois, assure son PDG, Frédéric Coirier. L’entreprise (1 700 personnes) de Saint-Symphorien (Deux-Sèvres), qui réalise 40% de ses ventes sur le segment du bois énergie et se dit leader français du segment, compte accélérer en la matière. Non content d’afficher des résultats à leur plus haut historique (401,9 millions d’euros de chiffre d’affaires l'an passé), le groupe, spécialisé à l’origine dans les conduits de cheminées et les cheminées industrielles (60% de ses ventes), a enregistré une hausse de 55% de son chiffre d’affaires sur le bois énergie au cours de l’année écoulée.
«Sur le bois, nous devons accroître nos capacités de production, il y a un énorme réservoir de croissance, ne serait-ce que par la professionnalisation du marché. Nous avons racheté quatre usines sur les deux dernières années», indique Frédéric Coirier. La société Bois Bûches Nord Atlantique, basée en Loire-Atlantique et spécialiste de la production et la distribution de bois énergie dans la région Pays de la Loire, a ainsi rejoint Poujoulat Group en juillet dernier. L’activité complète par ailleurs les produits d’équipements pour appareils à bûches, à granulés ou à gaz du groupe.
Un réservoir potentiel de croissance dans l’habitat
Dans les foyers français, «2,6 millions d’équipements bois énergie à bûches ou à granulés soulagent une puissance électrique estimée à 4Kw par logement», poursuit Frédéric Coirier, qui rappelle que 12 millions de foyers se chauffent au gaz en France et qu’il est possible d’envisager des solutions hybrides – à titre d’exemple, en Norvège, 85% des maisons individuelles ont une pompe à chaleur et sont équipées d’un poêle à bois. En France, le dirigeant indique que les besoins de chauffage dans l’habitat résidentiel pourraient être couverts à hauteur de 25% à 40% par le bois énergie.
Productrice de bois bûches et de granulés (six sites industriels) qu’elle revend à travers des marques dédiées aux particuliers et aux professionnels (Woodstock et Crepito), l’entreprise met en avant l’aboutissement de ses process, incarné par l’usine Bois Factory 70, inaugurée en 2022 en Haute-Saône et dont elle a récemment reçu la dernière tranche, pour un total de 30 millions d’euros. Il s’agit d’écorcer les bois, et de fendre les grumes en quartiers réguliers. Les écorces alimentent la chaudière, reliée à l’étuve. Les bois, au départ à 65% d’eau, perdent 50% de leur poids en moins de cinq jours. Un site situé «dans l’Ouest de la France» est par ailleurs en développement.
Les soubresauts des prix du granulé sont passés et sont redevenus «compétitifs», assure le groupe. Un autre facteur inquiète néanmoins le management de Poujoulat : celui de la chute du marché de la construction neuve, en dépit d’une exposition limitée (15% sur le conduit de cheminée, et moins de 10% à l’échelle du groupe). «Si on veut réindustrialiser le pays, il va falloir construire des logements neufs massivement, par exemple près des futures gigafactories», estime Frédéric Coirier.



