BASF n’accorde décidément aucun répit à la plateforme chimique de Chalampé en Alsace. Quelques jours après avoir dévoilé son intention de devenir l'unique actionnaire d'Alsachimie – coentreprise actuellement détenue à 51 % par BASF et 49 % par Domo Chemicals – qui opère la plateforme, le géant allemand continue à prendre ses aises sur le site, avec le démarrage d'une usine d'hexaméthylène diamine (HMD) d'envergure mondiale. Le chimiste s’assure ainsi de renforcer sa production de polyamide 6.6 (PA 6.6 ou encore appelé nylon 6.6) en Europe, l'HMD étant l'un de ses précurseurs essentiels.
« La plateforme économique et industrielle de la région Alsace, en France, et son intégration directe à la principale matière première, l'adiponitrile (ADN), offrent un environnement idéal pour la production et la distribution de HMD », commente ainsi le géant de la chimie, qui dispose déjà d’un laboratoire de R&D sur site, ainsi que des infrastructures dédiées à la recherche sur le PA 6.6. Acté lors du sommet Choose France 2022, l’investissement de 300 millions – pour une soixantaine d'emplois créés – portera la production annuelle d'HMD de BASF à 260 000 tonnes.
S'imposer comme un acteur mondial des techniques plastiques
L'extension de capacité du site de Chalampé servira à soutenir l'extension de production de polyamide 6.6 de l’usine de polymérisation de BASF à Fribourg. Dès l'annonce du projet en 2022, le chimiste allemand avait déjà sa feuille de route : faire absorber la majorité de ses nouvelles capacités de précurseurs par ses propres sites. Outre le PA 6.6, le HMD sert aussi de matières premières pour les revêtements, pour des produits finaux se retrouvant notamment dans l'industrie automobile et les fibres de haute qualité.
Une stratégie, déroulée depuis plusieurs années maintenant, qui vise à faire de BASF un acteur de premier plan sur la scène mondiale des techniques plastiques. En 2020, le géant allemand finalisait l'acquisition des activités polyamides de Solvay, afin d'augmenter ses capacités de production, développer des solutions innovantes, mais surtout accroître sa présence sur plusieurs marchés émergents, tels que l'Asie, l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud. « Cette acquisition témoigne de notre solide engagement en faveur de l'activité polyamides à l'échelle mondiale », soutenait à l'époque Wayne T. Smith, membre du board de BASF.
Pour un prix d'achat évalué à 1,3 milliard d'euros, la transaction comprenait huit sites de production en Allemagne, en France, en Chine, en Inde, en Corée du Sud, au Brésil et au Mexique, ainsi que des centres de R&D et des centres de consultation technique en Asie, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud. En outre, elle englobait les participations dans deux coentreprises distinctes en France : la participation de Solvay à hauteur de 50 % dans la coentreprise Butachimie, constituée avec le chimiste américain Invista afin de produire de l'adiponitrile (ADN) et de l'hexaméthylène diamine (HMD), et une participation de 51 % dans la coentreprise Alsachimie, société qui venait tout juste de l'ex-plateforme chimique de Solvay à Chalampé.



