Alors que les unités ferment en Europe, ExxonMobil démarre un vapocraqueur en Chine

Si la décision finale d’investissement avait été annoncée en 2021 par communiqué, c’est par le biais des médias chinois que la mise en route de l’énorme vapocraqueur de Huizhou (sud de la Chine) a été, en juillet, le plus largement relayée. D’une capacité de 1,6 million de tonnes par an d’éthylène, ce craqueur s’inscrit dans le cadre d’un complexe pétrochimique à plusieurs milliards de dollars que le pétrochimiste américain implante dans le parc industriel de Dayawan (Huizhou).

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Une illustration montre le logo d'ExxonMobil
Dans une province du sud de la Chine, le géant américain du pétrole et du gaz ExxonMobil démarre un énorme vapocraqueur.

Depuis la fin des années 1970, alors que la Chine rouvrait à peine ses marchés aux investissements étrangers, la multinationale pétrolière et gazière ExxonMobil a progressivement investi dans le secteur énergétique chinois, finissant par couvrir l'ensemble de la chaîne de valeur jusqu’à la production de produits chimiques. Et c’est dans les médias chinois qu’ExxonMobil a choisi d’annoncer en grande pompe le début d’une nouvelle page, avec l’inauguration, le 15 juillet, du vapocraqueur d’Huizhou (province de Guangdong) dans le sud du pays.

1,6 million de tonnes par an d'éthylène

Constituant l’un des principaux projets d’investissement étranger en Chine, le complexe pétrochimique – qu’ExxonMobil a implanté dans le parc industriel de Dayawan (Huizhou) –, comprend, dans sa première phase, la construction et la mise en service d’un craqueur à alimentation mixte (naphta et gaz de pétrole liquéfié) de 1,6 million de tonnes par an d'éthylène, ainsi que trois lignes de production de polyéthylène haute performance et deux lignes de production de polypropylène à performance différenciée. « La demande de polymères haute performance va continuer à augmenter en Chine, et nous sommes bien placés pour répondre aux besoins de ce marché en pleine croissance », déclarait en 2021 Karen McKee, qui présidait à l’époque ExxonMobil Chemical Company, avant de prendre sa retraite en mai 2025. « Nous sommes impatients de faire avancer ce projet prometteur et de bâtir une plateforme de croissance compétitive à Dayawan ». Afin de commencer à occuper le terrain, le pétrochimiste américain a concrétisé, au fil des ans, plusieurs projets sur le parc industriel comme l'implantation d'un centre de R&D en 2023, le Dayawan Technology Center (DTC), ou la signature d'un accord de 20 ans avec un fournisseur local d'énergie pour se garantir l'accès à un terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) en exploitation depuis un peu moins d'un an.

En février de cette année, le projet de craqueur s'est accéléré. Les livraisons de naphta en direction du complexe chinois d’ExxonMobil se sont intensifiées, pour permettre la bonne tenue des opérations de test qui a permis de produire, au cours du même mois, les premiers granulés de polyéthylène linéaire basse densité (LLDPE). Une manière pour le groupe américain de venir soutenir la production de plastiques et de fibres synthétiques du marché intérieur chinois, le polyéthylène ou le polypropylène s’utilisant dans une large gamme de produits comme les voitures, les emballages, les équipements de sport et les produits pharmaceutiques.

Une hécatombe européenne 

Et pendant ce temps, en Europe, les géants mondiaux de la pétrochimie actent toujours plus de fermetures (ou de cessions) de capacités de productions d’oléfines. L’année dernière, l’arrêt des activités chimiques d’ExxonMobil sur son site de Notre-Dame de Gravenchon (Seine-Maritime) avait porté un coup dur à l’industrie chimique française. Entre TotalEnergies, Versalis, Sabic ou encore Dow, en l’espace de 18 mois, sept vapocraqueurs dans l’écosystème européen se sont retrouvés sous le coup d’une fermeture programmée à plus ou moins court terme. En termes de capacité de production, les fermetures de craqueurs sur le Vieux Continent représentent aux alentours de 4 à 5 millions de t/an d’oléfines qui ne sont plus produites dans l’espace européen.

Entre des marges tendues sur le craquage du naphta, des importations plus compétitives, un marché sur-approvisionné par rapport à une demande en berne, et malgré une liste de fermetures de craqueurs européens déjà longue, les actifs restants pourraient aussi faire l’objet de mesures de rationalisation, en particulier si la demande en oléfines ne redécolle pas. 

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