Pour l’IFPEN, le frein principal au recyclage chimique des plastiques n’est plus technologique

Lors d'une table ronde organisée en juillet par l’IFP Énergies nouvelles (IFPEN), les professionnels de la pétrochimie se sont réunis pour échanger autour des défis qui subsistent dans la gestion des plastiques. La question de l'émergence d'une filière de recyclage en Europe était au centre des discussions, l'IFPEN soutenant que les principaux freins à la mise en place d'une chaîne de valeur n'étaient plus d'ordre technologique. 

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Des installations pilotes de l'IFPEN au sein de site de Solaize (Rhône)
Au sein de site de Solaize (Rhône), l'IFPEN dispose d'installations pilotes en vue notamment de tester des projets de recherche autour du recyclage des plastiques.

Présent sur les problématiques du plastique depuis plus d’une décennie maintenant, l'IFP Énergies Nouvelles (IFPEN) se positionne à l'avant-garde du recyclage chimique des plastiques en Europe. Lors d'une table ronde organisée début juillet, l'institut a rappelé qu'il est aujourd'hui impliqué dans plus d’une dizaine de projets et chapeaute une vingtaine de thèses pour contribuer à l’émergence des filières de recyclage à l’échelle européenne. Le mois dernier, l’institut a inauguré un nouveau bâtiment sur son site de Solaize, près de Lyon (Rhône), son principal centre de R&D qui s'étale sur sept hectares. Les nouveaux locaux, en partenariat avec la plateforme d'innovation collaborative Axel'One et des laboratoires académiques issus du CNRS, de l'Insa, de CPE et de l'université Claude-Bernard Lyon 1, visent à conjuguer les forces en présence, afin de faire du site un organisme de recherche mondial sur le recyclage chimique des plastiques.

L'évolution des réglementations européennes

« Nous travaillons sur le recyclage avancé pour traiter des plastiques complexes, des polymères contenant divers additifs, des colorants, des pigments ou encore des retardateurs de flamme », précise Frédéric Feugnet, responsable du programme R&D recyclage des plastiques à l’IFPEN. Pour pouvoir s’attaquer à un panel diversifié de plastiques, les chercheurs ont travaillé sur plusieurs techniques : la déformulation (une séparation physique afin de conserver le polymère tout en éliminant les additifs présents sur les polyoléfines et le PVC notamment), la dépolymérisation quand elle est possible ou encore la pyrolyse (avec purification de l’huile obtenue) pour les multi-polymères complexes.

« Beaucoup de techniques sont matures ou devraient l’être à court terme », précise le responsable qui évoque des démonstrateurs déjà en fonctionnement. Problème : l’absence d’une réglementation forte, cohérente entre les pays européens, voire contraignante, pour réellement développer l’économie circulaire des plastiques. Même si des obligations sont déjà existantes – la réglementation européenne impose maintenant 25 % de PET recyclé dans les bouteilles plastiques depuis janvier 2025 – le chemin reste tortueux pour créer une véritable demande auprès des industriels, les produits recyclés restant plus chers que leurs équivalents fossiles. L’émergence des technologies de recyclage se heurte par ailleurs à une industrie pétrochimique enracinée depuis plusieurs décennies, une industrie qui, à l’heure actuelle, reste en surcapacité par rapport à la demande des marchés européens.

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