Passer de 0 à 15% de taxes ne peut pas être qualifié de bonne nouvelle. Et pourtant ... Pour le secteur des semi-conducteurs, l’accord commercial signé dimanche 27 juillet entre les Etats-Unis et l’Union européenne est loin d’être un échec. Certes, alors qu’elles échappaient jusqu’à présent aux tarifs douaniers, les exportations européennes de semi-conducteurs vers les Etats-Unis se retrouvent désormais taxées à 15%, un chiffre qui s’applique à de nombreux autres secteurs.
Mais cet accord épargne en réalité de nombreux leaders européens. Car d’après les précisions apportées par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, citée dans plusieurs articles de la presse anglo-saxonne, tout un pan du secteur est exempté de taxe : les biens d’équipement. Or si le Vieux continent ne pèse que pour 8% de la production mondiale de puces électroniques, il compte de nombreux leaders dans les machines de fabrication des semi-conducteurs.
Une victoire pour le leader ASML
Le plus connu est le néerlandais ASML, numéro un mondial des équipements de lithographie, la technologie la plus critique de fabrication de semi-conducteurs. Le deal est clairement pour lui une victoire, alors que ses commandes se sont envolées ces derniers mois, portées par la demande pour l'intelligence artificielle. Or depuis le mandat de Joe Biden, les Etats-Unis ont réussi à attirer une flopée de nouvelles usines de puces sur leur sol. Des usines qu’il va bientôt falloir équiper et qui pourraient donc signifier de nouvelles commandes pour ASML.
Mais le géant néerlandais n’est pas le seul à profiter de cette exemption. L’Europe compte en effet d’autres leaders des équipements de semi-conducteurs. C’est le cas des néerlandais ASM et Besi, ainsi que des allemands Aixtron, Suss MicroTec et Zeiss. Bien plus modeste, la PME savoyarde Smart Equipment Technology (SET) bénéficie d’une reconnaissance mondiale pour ses machines d’assemblage de puces. Une machine utilisée il y a quelques années par Google pour concevoir un processeur quantique.

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Vers un nouvel arbitrage dans 15 jours ?
Ursula von der Leyen a également mentionné une exemption de droits de douane pour certains produits chimiques. C’est le cas de ceux qui entrent en jeu dans la production des semi-conducteurs, selon un expert du secteur. Une bonne nouvelle pour Air Liquide, qui a consacré un tiers de ses derniers investissements aux semi-conducteurs, ont révélé ses résultats du premier semestre. Mais aussi pour BASF et Merck.
Enfin, il existe une autre explication au fait que l’accord commercial signé avec les Etats-Unis aura des effets limités sur le secteur européen des semi-conducteurs : les exportations directes de puces depuis l’Europe vers les Etats-Unis sont peu nombreuses. Elles ont représenté 3 milliards de pièces en 2024 d’après un document de l’Union européenne. En France, moins d’un tiers des exportations des semi-conducteurs partent vers les Etats-Unis, estimait en avril Stéphane Martinez, le président de l’Acsiel – l'organisation professionnelle qui regroupe les fabricants de composants électroniques (dont les semi-conducteurs), de circuits imprimés et d’équipements de production. Cela s'explique par le fait que les chaînes d’approvisionnement dans les semi-conducteurs sont très mondialisées et interdépendantes. Et c’est le plus souvent en Asie que se déroulent les dernières étapes de fabrication, que sont les tests et l’assemblage.
Pour autant, les craintes pour le secteur ne peuvent être complètement levées. En début d’année, Donald Trump a demandé une enquête sur les dépendances américaines dans les semi-conducteurs, afin d’adapter sa politique douanière en la matière. Une enquête d’ampleur mondiale dont les résultats sont attendus d’ici au 10 août. Et qui pourrait pousser Donald Trump à un nouveau revirement.



