Electronique : avec l'abandon de deux usines d'Intel, le Chips Act européen subit un nouveau revers

Le fabricant américain de semi-conducteurs Intel a annoncé, jeudi 24 juillet, l’abandon de ses projets d’usines en Allemagne et en Pologne. Un nouveau revers pour le Chips Act, plan de relance du secteur, qui misait sur une poignée de gros projets pour doubler la part de l’Europe dans la production mondiale de puces.

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Thierry Breton présentant le Chips Act européen le 8 février 2022
En 2022, Thierry Breton, alors Commissaire européen au Marché intérieur, exhibant une plaquette de puces.

Un nouvel échec qui n’a rien d’une surprise. Après avoir suspendu fin 2024 ses projets d’usines en Allemagne et en Pologne, Intel a annoncé leur abandon définitif lors de la présentation de ses résultats jeudi 24 juillet. Le fabricant américain de semi-conducteurs assène ainsi un nouveau revers au Chips Act européen, le plan de Bruxelles entré en vigueur en 2023 et qui vise à doubler la part de l’Europe dans la production mondiale de puces électroniques d’ici à 2030, pour qu’elle atteigne 20%.

Ce sont deux méga-usines qui ne verront finalement pas le jour sur le sol européen. En Allemagne, Intel abandonne une usine géante de semi-conducteurs prévue à Magdebourg et qui devait permettre la création de 3000 emplois directs et 10000 indirects. Un projet à 30 milliards d’euros que le gouvernement allemand devait soutenir à hauteur de 10 milliards d’euros. Le second renoncement concerne une usine à Wroclaw, dans le sud-ouest de la Pologne. Là aussi, la promesse d’embauche était importante avec 4600 emplois à la clé et 4,6 milliards d’investissements prévus par Intel.

Un projet sur quatre toujours sur les rails

Au-delà du manque à gagner pour les pays concernés, ces abandons viennent entamer un peu plus l’ambition européenne de doubler sa part dans la production de puces électroniques. Un objectif déjà jugé «hors de portée» par la Cour des comptes européenne. Dans son rapport publié en avril, les magistrats financiers critiquent sévèrement le Chips Act européen, qui devait signifier 86 milliards d’euros d’investissements. Or l’un de leurs reproches était justement la trop forte concentration de cette enveloppe sur une poignée de pays et d’entreprises. «Beaucoup d’argent a été mis sur quelques projets, donc l’échec de l’un d’eux aura un impact sur l’objectif d’atteindre 20% de la production mondiale, avait averti en conférence Annemie Turtelboom, responsable de l'audit. Les gros acteurs vont jouer un rôle clé dans la réussite du Chips Act.»

En l’occurrence, quatre gros projets étaient au cœur de la stratégie européenne : les deux usines dont Intel vient d’annoncer l’abandon, le projet de mégafab porté par STMicroelectronics à Crolles (Isère) mais pour lequel son partenaire américain GlobalFoundries est aux abonnés absents, et l’usine du taïwanais TSMC à Dresde, en Allemagne. La seule, finalement, qui semble toujours sur les rails.

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