Si le secteur chimique européen reste suspendu à la décision (ou non) d’exempter certains produits de droits de douane américains, le géant français des gaz industriels Air Liquide a quand même, en juillet, de quoi se réjouir. À l’heure du bilan semestriel, le spécialiste des gaz industriels maintient le cap. Le résultat net du groupe s’établit à 1,8 milliard d’euros de janvier à juin 2025, soit une hausse de + 7,2%, pour une progression du chiffre d’affaires publiées de + 2,6% s’élevant à 13,72 milliards d'euros (l’activité Gaz & Services, cœur de métier du groupe, représente 97 % du CA). «Air Liquide a réalisé de nouveau une performance financière solide en s’adaptant à un environnement incertain et mouvementé», confirme François Jackow, directeur général du groupe. Il précise que pour le dix-neuvième trimestre consécutif, le groupe enregistre une croissance du chiffre d'affaires à niveau comparable.
80 projets d'investissements en cours dans le monde entier
Une prouesse notamment réalisée grâce à un portefeuille de projets en cours d’exécution d’un niveau jamais atteint par le groupe, à 4,6 milliards d’euros. «Dans l’électronique, nous avons obtenu de nombreux succès commerciaux dans toutes les grandes régions du monde, renforçant ainsi notre position dans ce secteur», souligne François Jackow. Ces investissements se répartissent dans environ 80 projets dans le monde entier. «Plus de 40 % des opportunités d'investissement à 12 mois concernent la transition énergétique, et environ un tiers est lié aux semi-conducteurs», précise le groupe.
Ces deux derniers mois, les annonces se sont d'ailleurs enchaînées pour venir soutenir l’industrie des semi-conducteurs, à Singapour, en Corée du Sud… En Allemagne, le gazier industriel français a remporté, fin juillet, un contrat à long terme pour la construction d’unités de production de gaz industriels. Situées au cœur de la "Silicon Saxony" à Dresde (Allemagne), ces unités permettront au français de fournir de grands volumes de gaz de haute pureté directement sur le site de production d’un client majeur de l’industrie des semi-conducteurs. Cet investissement de plus de 250 millions d'euros représente «le plus gros investissement jamais fait dans ce secteur par Air Liquide en Europe».
En direction des États-Unis et de la Chine
Au total, les décisions d’investissement industriel et financier prises au premier semestre culminent à 2,3 milliards, se positionnant parmi les meilleurs semestres pour le groupe sur cet indicateur, représentant une hausse conséquente de +39 % par rapport au même semestre un an plus tôt. Air Liquide continue de dérouler une stratégie basée sur des investissements à long-terme combinés à des moteurs de croissance diversifiée, permettant au groupe de balancer entre ses différentes activités - électronique, énergies renouvelables ou encore l’activité santé qui affiche une hausse de son chiffre d’affaires toujours soutenue au premier semestre à +5%.
Mais tous les marchés ne sont pas équivalents pour le groupe. «Les secteurs de la chimie et de l'acier sont en difficulté en Europe. Nous travaillons avec nos clients pour les accompagner au mieux, mais le nombre de projets européens reste limité, centré en particulier autour de l’hydrogène bas-carbone ou encore de la capture du CO2 dans la cimenterie ou la chaux», détaille François Jackow. Si le groupe continue à investir sur le Vieux continent, le directeur général d’Air Liquide note «un bouillonnement sur de nouveaux investissements aux États-Unis pour repositionner les capacités de production des clients». La Chine reste aussi un marché porteur, plutôt tourné vers la modernisation et la transition énergétique des unités de production déjà présentes dans le pays, sur laquelle le gazier français peut apporter son expertise, notamment sur le recours à l'hydrogène.



