Apple accélère la transition de ses MacBook vers ses puces maison

Apple lance deux MacBook Pro équipés de nouvelles versions de sa puce maison M1. Une nouvelle étape dans sa course visant à chasser complètement les microprocesseurs Intel de ses ordinateurs d’ici à la fin de 2022.

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Apple nouveaux MacBook Pro de 14 et 16 pouces
Les nouveaux MacBook de 14 et 16 pouces d'Apple embarquent des puces développées en interne par le groupe.

Apple franchit une nouvelle étape dans le remplacement des microprocesseurs d’Intel par sa puce maison M1 dans les MacBook. Le géant américain, quatrième constructeur mondial de micro-ordinateurs derrière Lenovo, HP et Dell, a lancé lundi 18 octobre deux MacBook Pro de 14 et 16 pouces équipés de deux nouvelles versions de sa puce maison M1.

C’est la troisième vague de Mac à bénéficier de l’internalisation du processeur, après le lancement en novembre 2020 des MacBook Air, MacBook Pro de 13 pouces et Mac mini, puis en avril 2021 d’un iMac de bureau. La transition vers la puce maison M1 se poursuivra, jusqu’à chasser complètement les microprocesseurs d’Intel des Mac d’ici à la fin de 2022.

33 à 57 milliards de transistors

La puce M1 Pro du MacBook Pro de 14 pouces renferme 33,7 milliards de transistors, deux fois plus que la puce M1, tandis que la puce M1 Max du MacBook Pro de 16 pouces combine 57 milliards de transistors. Elles sont conçues en interne, mais fabriquées chez le fondeur taïwanais TSMC en technologie de 5 nanomètres, comme le processeur A15 Bionic du nouvel iPhone 13.

Selon Apple, elles offriraient jusqu’à une augmentation de 70% des capacités de calcul central, jusqu’à un quadruplement des capacités de traitement graphique et jusqu’à une multiplication par six de la bande passante mémoire. Elles bénéficient d’une mémoire unifiée de respectivement 32 et 64 Go.

Efficacité énergétique

« La puce M1 a métamorphosé nos ordinateurs les plus populaires en les dotant d’incroyables performances, de technologies sur-mesure et de la meilleure efficacité énergétique du marché. Jusqu’à ce jour, personne n’avait jamais intégré de système sur une puce dans un ordinateur professionnel. C’est chose faite avec les puces M1 Pro et M1 Max », déclare dans le communiqué Johny Srouji, vice-président en charge des technologies matérielles chez Apple.

Apple puce M1 Pro MaxApple
Apple puce M1 Pro Max Apple puce M1 Pro Max

Puce M1 Max du MacBook Pro de 16 pouces. Crédit photo: Apple

Avant le lancement de cette transition il y a un an, Apple motorisait l’intégralité de ses Mac avec les microprocesseurs à architecture X86 d’Intel, et ce depuis 2006. Sa puce M1 s’appuie sur l’architecture ARM de la société britannique éponyme, dont la technologie est au cœur de presque tous les mobiles. C’est d’ailleurs cette technologie qu’Apple exploite pour les puces moteurs de ses iPhone, iPad et Apple Watch.

Son principal avantage réside dans son efficacité énergétique par rapport aux processeurs X86 au cœur de l’écrasante majorité des PC et serveurs. Selon Apple, ses puces M1 Pro et M1 Max se distingueraient par une économie d’énergie atteignant 70% en calcul central, et 40% en traitement graphique, par rapport aux processeurs à technologie X86 du marché dédiés aux PC portables.

Vers la connectivité 5G ?

Le passage d’Apple à des puces maisons pour ses Mac s’inscrit dans une stratégie visant à maîtriser le cœur technologique de ses produits de façon à assurer une meilleure intégration entre matériel et logiciel, à l’instar de ce qu’il fait depuis 2010 pour ses iPhone, iPad et Apple Watch. L’objectif est de mieux contrôler la chaîne de valeur de ses produits et de se différencier de la concurrence sur le plan de l’expérience utilisateur, des performances ou de l’autonomie des batteries.

Selon David McQueen, analyste au cabinet ABI Research, la prochaine étape serait de donner la connectivité 5G au Mac. Aujourd’hui, Apple utilise les modems 5G de Qualcomm. Mais le groupe travaille au développement de son propre modem 5G en s’appuyant sur l’activité modems rachetée à Intel en 2019. Selon les analystes, il pourrait devenir autonome pour ce composant clé en 2023. « Si cette initiative devait se concrétiser, elle pourrait donner l'impulsion dont le secteur a rêvé, devenant un catalyseur pour stimuler la demande sur le marché afin de tenir la promesse d'expérience de calcul mobile améliorée », note David McQueen.

Tendance de fond dans le secteur

L’exemple d’Apple est suivi par toute l’industrie high-tech. On murmure que Microsoft songe à développer ses propres puces pour ses PC portables Surface. Google dévoile mardi 19 octobre ses premiers smartphones Pixel 6 motorisés par ses propres puces Tensor, en remplacement des SnapDragon de Qualcomm. Sa démarche surprend, alors qu’il n’est qu’un tout petit acteur du marché. Mais la tendance est là. Les géants de la tech sont de plus en plus nombreux à vouloir imiter Apple, en cherchant à maîtriser la conception des puces clés de leurs produits.

Selon le cabinet Strategy Analytics, le marché des processeurs à technologie ARM pour PC portables devrait tripler en 2021 pour atteindre 950 millions de dollars (815 millions d’euros). En volume, cette technologie devrait équiper 10% des PC portables écoulés cette année. Apple s’arrogerait la part de lion, avec 79% du marché. Le reste est partagé par deux fournisseurs sur le marché libre : le taïwanais MediaTek avec une part de 18%, et l’américain Qualcomm avec 3%.

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