L’intégration verticale devient le nouveau leitmotiv de Xiaomi, avec l’objectif de maîtriser en interne les puces clés de ses produits, à l’instar d’Apple. Le dragon chinois des mobiles et de l’internet concrétise cette stratégie avec son processeur d’image, le Surge C1. Dévoilé le 31 mars 2021, il équipera son prochain smartphone pliable, le Mi Mix Fold.
Peu de détails ont filtré sur cette puce maison. Son développement a duré sept ans, marqués par d'innombrables percées et de nombreux revers, selon le PDG-fondateur Lei Jun, qui y voit une étape cruciale vers de nouvelles avancées technologiques et des rêves plus ambitieux. "La route vers la R&D du processeur est longue et ardue, mais ce qui ne manque jamais à Xiaomi, c'est la patience, le courage et la persévérance", souligne-t-il.
L'embargo US contre Huawei, déclencheur
Cela fait longtemps que Xiaomi nourrit l’ambition de maîtriser certaines des puces clés de ses produits. En 2017, il avait fait grand bruit avec son premier processeur d’application mobile, le Surge S1. Mais il n’a motorisé qu’un seul de ses smartphones, le Mi 5c. Les difficultés de conception de circuits intégrés complexes l’auraient contraint à freiner ensuite ses ardeurs.

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L’embargo américain décrété contre son grand frère Huawei en mai 2019 l’a conduit à réactiver ses ambitions et relancer ses investissements dans la conception de puces maison. Une stratégie encouragée par Pékin pour réduire la dépendance du pays dans les semi-conducteurs notamment vis-à-vis des Etats-Unis. D’autres constructeurs de mobiles et équipementiers électroniques chinois, dont Oppo, Vivo et Lenovo, suivraient une démarche d’intégration similaire.
Selon le Nikkei Asian Review, Xiaomi a multiplié les emplettes, en rachetant ou augmentant sa participation dans pas moins de 34 sociétés dans les semi-conducteurs en Chine depuis 2019. L’objectif est clair : se constituer le savoir-faire nécessaire à la conception de circuits intégrés complexes. La démarche s’étend au-delà des mobiles et vise notamment son projet dans la voiture électrique dans lequel il a décidé d’investir 10 milliards de dollars en 10 ans pour devenir le «Tesla» chinois, alors qu’il est présenté aujourd’hui, en tant qu’acteur des mobiles et de l’internet, comme «l’Apple chinois».
Enormes investissements
Dans les mobiles, Xiaomi est en train d’éclipser Huawei pour devenir le nouveau champion chinois et le numéro trois mondial des smartphones avec 13 % des expéditions mondiales en 2021, derrière Samsung (20 %) et Apple (13 %) selon les prévisions du cabinet Strategy Analytics. Il a désormais des volumes suffisants pour justifier les énormes investissements nécessaires dans la conception de puces maison.
Comme le suggère Lei Jun, le chemin de cette intégration risque d’être long, très long. Et cela ne protégerait pas contre un éventuel embargo américain. L’exemple de Huawei le démontre. Le grand équipementier télécoms chinois maîtrise les puces clés de ses smartphones, ses équipements de réseaux et ses datacenters à travers HiSilicon, son bras armé dans les semi-conducteurs. Mais avec le dernier tour de vis de l’embargo américain à la mi-septembre 2020, il ne peut plus faire fabriquer ses circuits par des fondeurs comme le taïwanais TSMC. Pour la simple raison qu’ils font tous appel à la technologie américaine dans leurs processus de production.
En décembre 2020, Xiaomi a été inscrit sur la liste noire du Pentagone qui l'accuse de liens avec le Parti communiste chinois et l'Armée populaire de Chine, ce qu'il nie en bloc. En mars 2021, il obtient victoire en faisant suspendre cette mesure par un tribunal fédéral aux Etats-Unis. Mais cet épisode montre que, dans le contexte de guerre froide entre Pékin et Washington, il peut très vite basculer et devenir la bête noire de l'administration américaine.



