Alstom présente des garanties pour s’assurer l’acquisition de Bombardier Transport. Jeudi 9 juillet, le groupe ferroviaire français a proposé plusieurs concessions à la Commission européenne, qui doit donner son avis sur cette opération à 6,2 milliards d’euros. Parmi les sacrifices consentis : la cession du site de production de Reichshoffen, situé dans le Bas-Rhin.
“Répondre aux préoccupations de la Commission européenne”
“Pour répondre aux préoccupations initiales de la Commission européenne, Alstom, en coordination avec Bombardier Transport et la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDQP), annonce aujourd’hui son intention de soumettre un certain nombre d’engagements”, indique l’entreprise française dans un communiqué.
À lire aussi
Alstom veut à tout prix éviter une nouvelle déconvenue face aux autorités de la concurrence. En février 2019, l’exécutif européen avait déjà opposé son veto au mariage Alstom-Siemens, au grand désespoir de l’entreprise et du ministère de l’Économie.
Reichshoffen, un site de 800 personnes
Le groupe ferroviaire liste donc plusieurs concessions : notamment la cession de l’usine de Reichshoffen. Spécialisé dans la construction de trains régionaux, ce site emploie environ 800 personnes. Alstom indique qu’il est également prêt à céder le Coradia Polyvalent, un modèle de train régional proposé en motorisation hybride ou électrique.
Pour le groupe canadien, Alstom mentionne la cession de la plate-forme Bombardier Talent 3 et “des installations de production correspondantes situées sur le site de Hennigsdorf en Allemagne”. Alstom liste aussi le transfert de la contribution de Bombardier Transport pour le train à très grande vitesse V300 Zefiro. Dernière concession consentie : la “fourniture d’un accès à des tiers à certaines interfaces et produits des différentes unités de signalisation embarquée de Bombardier Transport et de systèmes de gestion du contrôle des trains (TCMS)”.
Alstom espère boucler le rachat au début de l'année 2021
Grâce à ces garanties, Alstom espère toujours finaliser le rachat des activités ferroviaires de Bombardier pour le premier semestre 2021. La veille de ces annonces, le PDG d’Alstom Henri Poupart-Lafarge évoquait des discussions en bonne voie avec l’exécutif européen. "Le dialogue avec la Commission européenne se passe de manière tout à fait fluide", déclarait-il à l’occasion de l’assemblée générale du groupe. “Nous sommes en train de discuter avec l'ensemble des autorités [...] de concurrence à travers le monde pour voir si elles ont des objections. Aujourd'hui, ce processus se passe extrêmement bien", a-t-il ajouté.
Les engagements d’Alstom risquent de renforcer les inquiétudes des syndicats sur d’éventuelles suppressions de postes dans les usines. “Il n’y a pas du tout l’idée de restructurations ou de menace sur l’emploi dans cette acquisition, bien au contraire”, assurait pourtant en février, le PDG d’Alstom, à l’annonce du rachat.
Les concessions listées par Alstom restent soumises à l’approbation de la Commission européenne. “Les cessions seront exécutées en conformité avec tous les processus sociaux en vigueur et en respectant les consultations avec les instances représentatives du personnel”, indique l’entreprise. La Commission européenne doit rendre un premier avis sur le dossier plus tard en juillet. Si elle exprime des doutes, elle pourrait toutefois décider l'ouverture d'une enquête approfondie de quatre mois supplémentaires... comme elle vient de le faire pour le dossier de la fusion entre les constructeurs automobiles PSA et Fiat-Chrysler.



