On en sait enfin un peu plus sur le contenu de l’épineux projet de réforme des retraites, gardé secret depuis que le chantier est passé sous le contrôle d’Elisabeth Borne. Dans une interview accordée au Parisien et publiée le jeudi 1er décembre, la Première ministre a décidé d'en dévoiler les premières mesures.
Un âge légal progressivement relevé
«L'engagement porté dans la campagne, c'est 65 ans», a réaffirmé la cheffe du gouvernement. «Lereport progressif de l’âge de départ à la retraite de 62 à 65 ans d’ici 2031 permet de ramener le système à l’équilibre dans les dix ans», a-t-elle poursuivi, ne fermant pas la porte aux propositions alternatives des organisations syndicales et patronales si elles permettent d’atteindre le même résultat. Elisabeth Borne a par ailleurs promis que «baisser le montant des retraites ou alourdir le coût du travail par des cotisations supplémentaires» serait exclu.
Elle a également assuré que le «principe» offrant la possibilité de partir quelques années avant l’âge légal de départ dans le cas des carrières longues à serait «maintenu et même assoupli pour ceux qui ont vraiment commencé à travailler très tôt». La pénibilité, une potentielle «usine à gaz», selon la Première ministre, pourrait être mieux prise en compte, reconnaît-elle : «Les personnes cassées par le travail doivent pouvoir, au vu de leur état de santé, partir un peu plus tôt en retraite».
Le texte s’appliquera dès l’été 2023
Pour une carrière complète, le minimum retraite sera quant à lui porté à 1 200 euros. Un montant nettement supérieur aux 1 000 euros promis par l’ancien Premier ministre Jean Castex à l’hiver 2022 puis rehaussé à 1 100 euros pendant la campagne présidentielle. Emmanuel Macron souhaitait que les retraités touchent 85 % du SMIC, selon Elisabeth Borne. Enfin, elle a déclaré que les «nouveaux recrutés» des régimes spéciaux seraient affiliés au régime général d'assurance-vieillesse.
Le texte, présenté au Parlement au printemps 2023, sera mis en vigueur dès l’été 2023, selon la ministre. «La réforme s'appliquera à partir de la génération née au deuxième semestre 1961». Pour l’heure, le dernier cycle de concertations mené par le ministre du Travail Olivier Dussopt est toujours en cours, il s’achèvera le 15 décembre lorsque le projet sera présenté aux partenaires sociaux. Le début d’année 2023 s’annonce mouvementé.



