Chronique

A la SNCF, une grève pour mettre la pression sur les salaires

Histoires économiques, la chronique d'Emmanuel Duteil, directeur de la rédaction de L'Usine Nouvelle, avec France Inter.

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Train TER en gare de Nancy
Train TER en gare de Nancy

Attention si vous avez prévu de prendre le train ce week-end. Le trafic SNCF va être très perturbé, dès ce 2 décembre, à cause d’un mouvement des contrôleurs autour de revendications salariales. Et ce n’est que le début : on peut parler de round d'échauffement. Une nouvelle journée de grève est prévue mercredi 7 décembre. Cette fois toutes les catégories de personnels seront concernées.

Ce 7 décembre n’a pas été choisi au hasard. C’est à cette date que doivent débuter les négociations annuelles obligatoires. Ces mouvements, très perturbants pour les usagers de la SNCF, n’ont qu’un but : créer le maximum de perturbations pour obtenir le plus possible côté hausse de salaire. Appelons ça le rapport de force…

Pour l'instant l'ambiance est tendue. La direction de la SNCF a fait des propositions sous forme de primes et de perspectives de carrières. Des propositions jugées insuffisantes par les intéressés. D’où le mouvement de ce week-end. Et certains s'inquiètent pour Noël si aucun accord ne devait être trouvé dans l’entreprise. Que ce soit chez Air France ou Easyjet la tension est la même pour les mêmes raisons. On pourrait dire que c’est même pire dans l’aérien : des préavis de grève ont même été déposés pour la période des fêtes.

Si on se place du côté des salariés ils ont raison : comme quasiment tout le monde leur pouvoir d’achat a été amputé par la hausse des prix. Ces augmentations de salaire sont donc légitimes. Mais voilà, tous les salariés ne peuvent pas comme ceux de la SNCF bloquer tous le pays pour faire pression sur leur direction. C’est un peu facile. Sans compter que nombre de familles ont dû faire des sacrifices pour pouvoir se payer des billets et s’offrir la possibilité d’aller en famille à Noël en train.

Et puis la SNCF ce n’est pas TotalEnergies ! La société est bien loin de réaliser des superprofits. C’est même tout le contraire. La compagnie va devoir investir des milliards d’euros pour rénover son réseau et préparer l’avenir avec de nouveaux trains et de nouvelles offres pour nous convaincre d’abandonner la voiture. Bref le point d’équilibre entre légitimes hausses de salaire, nécessité d’assurer un service public de qualité et prévoir l’avenir est loin d'être trouvé. Et ça, les cheminots pourtant si attachés à leur entreprise doivent l’avoir en tête.

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