A Cherbourg, quatre industriels du nucléaire et du naval lancent l'école de soudage Hefaïs

L’école de soudage Hefaïs accueillera ses premiers stagiaires le 10 octobre dans des locaux provisoires à la Hague (Manche), en attendant la construction de son bâtiment définitif à Equeurdreville-Hainneville (Manche). Jeudi 29 septembre, elle présente son offre de formation devant une quarantaine d’entreprises. L’école va former des soudeurs pour les filières du nucléaire et du naval. 

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Formation en soudage dans un environnement industriel nucléaire.
L’école Hefaïs va former des soudeurs pour les filières du nucléaire et du naval.

Former des soudeurs pour les filières nucléaire et navale, c’est l’objectif que se fixe Hefaïs (haute école de formation en soudage) dont le nom n'est pas étranger à celui d'Héphaïstos, dieu grec de la métallurgie. L’école va être construite à Equeurdreville-Hainneville, commune voisine de Cherbourg (Manche). Ouverture prévue en septembre 2023. «L'école a été conçue par des industriels pour des industriels», souligne Corentin Lelièvre, directeur d’Hefaïs, structure née de la réflexion de quatre industriels. Il s’agit de quatre grands donneurs d’ordres du nucléaire et du naval de la Manche: EDF (centrale nucléaire) à Flamanville, Orano (retraitement du combustible nucléaire usé) à La Hague, ainsi que Naval Group (fabricant de sous-marins) et CMN (constructeur de patrouilleurs militaires) à Cherbourg.

Jeudi 29 septembre, dans des locaux provisoires situés à La Hague (Manche) qui accueilleront des stagiaires à partir du 10 octobre 2022, Hefaïs présentera son offre de formation. Près de quarante entreprises sont attendues. «Ce sont des prospects et futurs clients de l’école qui viennent découvrir en avant-première l’offre de formation ainsi que nos installations novatrices», justifie Corentin Lelièvre. Il fait allusion à la «valeur ajoutée de l’école» que sont ses maquettes reconstituant des environnements industriels fournis par les quatre fondateurs d’Hefaïs.

L'école vise deux cibles: les salariés de la métallurgie de la France entière, et le public des demandeurs d'emploi normands. L’objectif est de compléter les prestations fournies par les organismes de formation accrédités, les écoles de formation internes à certaines grosses entreprises et les formations financées par la région Normandie pour les demandeurs d’emploi (Action soudage). Selon les estimations du Gifen (Groupement des industriels français de l'énergie nucléaire), les besoins de la filière nucléaire s’élèvent à 1 635 soudeurs d’ici à 2025. Mais les besoins sont aussi d’ordre qualitatif. 

200 stagiaires par an dans l'école

«Notre ambition est d'offrir les conditions pour la maîtrise et l'amélioration du geste technique pour que le soudeur fasse bon du premier coup, ce qui évite les non-conformités» explique le directeur. Pour cela, les stagiaires disposeront à terme de 35 boxes à souder et 20 environnements reconstitués du nucléaire et du naval. «Ils pourront s’approcher au plus près des conditions du réel avec notamment des maquettes industrielles à échelle1», illustre Corentin Lelièvre. Exemples: une charpente avant de navire, un tronçon de sous-marin ou une cellule en zone nucléaire, avec des tuyauteries difficiles d’accès pour les opérateurs.

«La promiscuité des équipements et tuyauteries contenus dans ces zones, le travail en hauteur, les tenues d’intervention en milieu radioactif rendent la réalisation de soudures extrêmement complexes et nécessitent des compétences particulières», souligne Corentin Lelièvre. A titre d'exemple, les stagiaires apprendront à souder de façon ambidextre et au miroir, c’est-à-dire à l’aide d’une glace, sans avoir la vision directe de l’œil sur la soudure.

A terme l’école accueillera 200 stagiaires par an. Pour les salariés de la métallurgie, les stages vont aller de quelques jours ou quelques semaines, et pour les demandeurs d’emploi de sept à neuf mois. Structure associative, Hefaïs se définit comme un «architecte de formation» et va s’appuyer sur deux opérateurs de formation. Pour les salariés de la métallurgie, c’est le pôle formation de l’UIMM Grand-Ouest qui sera à la manœuvre, avec ses partenaires IFCEN (nucléaire), INSTN (nucléaire), Oreka Ingénierie (outils numériques), TRA-C Industrie (soudage) et SGS (analyse des métaux). Pour les demandeurs d’emploi, deux organismes se sont associés en un groupement réunissant l’Institut de soudure et le Greta Côtes normandes.

Hefaïs représente un budget total de 9 millions d’euros. Il est financé à hauteur de 4 millions d’euros par la Communauté d’agglomération du Cotentin (pour la construction du bâtiment définitif d’ Equeurdreville-Hainneville), de 2,5 millions d’euros d’aides de l’Etat et la Région (France Relance et PIA3) et de 2,5 millions d’euros d’apports financiers des quatre industriels fondateurs.

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