Un smartphone en main, l’étudiant scanne en quelques instants les flashcodes de sa boîte à outils bien garnie. Une précieuse aide à la vérification, qui permet de s’assurer en quelques secondes que rien n’a été oublié dans les avions. Tout est en ordre, la journée peut commencer. C’est la grande nouveauté de cette rentrée au sein de l’établissement, basé dans l’usine de Saint-Eloi (Haute-Garonne) de l’avionneur située à deux pas de Toulouse: le lycée a été sélectionné comme secteur pilote de l’entreprise pour tester l’usage de téléphones portables professionnels dans les activités de production. Chaque apprenti va être équipé d'ici à la Toussaint d’un téléphone professionnel pour en faire un véritable outil de travail.
A l’heure où une réforme des lycées professionnels se profile et où les industriels cherchent à créer des centres de formation pour répondre à leurs besoins de main-d'oeuvre, le lycée Airbus peut fait figure de modèle à suivre. Certes, la structure n’est pas jeune: fondé en 1949, ce lycée privé et gratuit a formé 5 200 jeunes, jusqu’au niveau bac pro et même BTS. Mais il reste un rouage stratégique pour l’avionneur. Fournisseur de talents pour ses chaînes d’assemblage, il va d’ailleurs accueillir 20% d’élèves en plus en ce mois de septembre, soit 120 élèves, pour répondre aux hausses de cadence de production. Cette année 2022 marque également une nette accélération de l’utilisation des outils numériques dans l’enseignement.
SAINT HILAIRE Olivier /HAYTHAM-REA C'est la grande nouveauté de la rentrée au lycée Airbus: l'arrivée de smartphones professionnels. Crédit: SAINT HILAIRE Olivier /HAYTHAM-REA
La réalité virtuelle fait son entrée
«Il y a eu depuis 2021, et plus encore en 2022, une accélération de la digitalisation dans les outils déployés pour la formation des jeunes, souligne Nicolas Coadou, directeur du lycée Airbus, où officient comme enseignants environ 30 airbusiens et 25 formateurs issus de l’Education nationale. Cela est dû à la fois à l’effet Covid, qui a nécessité d’assurer des cours à distance, mais cela s’explique aussi en raison du déploiement de plus en plus important des technologies numériques sur les lignes d’assemblage.» Le lycée peut parfois même être force de proposition auprès des équipes de production du groupe, où en tout cas travailler en concertation avec l'entreprise, comme c’est le cas pour la nouvelle utilisation des téléphones portables.

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Sur le site de Saint-Eloi, la cohabitation entre les outils traditionnels et le numérique est déjà visible. Près de l’atelier de formation, où des élèves de seconde se penchent sur des composants environnés du bruit des visseuses, une salle a été aménagée pour tester la réalité virtuelle. «Elle vient d’être utilisée, pour la première fois, pour recréer d’abord l’environnement de travail, servant ainsi à se familiariser avec les équipements de protection, puis le panneau plafond de l’A380, décrit Gael Van Overmeire, coordinateur, responsable sécurité, environnement et digital du lycée Airbus. Il s’agit de commencer à familiariser les élèves avec ce type d’outils.» Equipés de lunettes et de manettes, les étudiants goûtent à un moyen ludique d’apprentissage.
Les smartphones débarquent dans la formation
A deux pas, l’imprimante 3D qui trône sur une table passerait presque pour une antiquité, puisqu’elle a été introduite il y a plusieurs années. C’est devenu un incontournable pour la production de prototypes, y compris au niveau de la formation. «Les élèves l’ont récemment mise à profit dans le cadre d’un projet visant à concevoir le mât réacteur de demain, raconte Mickael Boizumault, enseignant de l’Education nationale, en bac pro construction mécanique. Les compagnons peuvent rapidement soumettre leurs idées de nouveau design de pièces. Certains jeunes ont d’ailleurs fait l’acquisition à titre personnel d’imprimantes 3D.» Récemment, un jeune en apprentissage a imprimé un support de tuyauterie de ventilation et l’a proposé à un enseignant.
SAINT HILAIRE Olivier /HAYTHAM-REA Les étudiants se sont bien appropriés l'imprimante 3D, certains en font même l'acquisition personnelle. Crédit: SAINT HILAIRE Olivier /HAYTHAM-REA
Si le site de Saint-Eloi concentre une bonne partie des enseignements, celui de Saint-Martin – aux abords de l’aéroport de Toulouse-Blagnac – permet aux étudiants du lycée de se frotter à de véritables morceaux d’appareils. L'atelier de formation de 1400 m² abrite quelques petits avions et hélicoptères, mais aussi des mâts réacteurs ainsi qu'un tronçon de cabine d'A320. Dans la cabine du monocouloir, les étudiants ont tous en main une tablette alors qu'ils se penchent sur les câblages. «Elle a été introduite début 2022 dans la formation», glisse Pierre Pilon, enseignant en bac professionnel structure/systèmes. On y trouve toute la documentation technique des pièces, les plans, les étapes d’assemblage...
«Ce type de support est plus proche et naturel à appréhender pour notre génération que les documents papier», confie Nadia El Baoui, 18 ans. Une vingtaine de tablettes sont déployées dans le bâtiment. «On peut dire que les élèves sont des moteurs sur les sujets de digitalisation, s’enthousiasme Nicolas Coadou. Plus nous serons capables d’avoir une pédagogie et des outils attractifs, mieux ce sera.» L’arrivée des premiers smartphones fait déjà la fierté des étudiants. Si le lycée répond en partie aux besoins de main-d'oeuvre d'Airbus, ces jeunes s'efforcent aussi de contribuer à le faire évoluer.
SAINT HILAIRE Olivier /HAYTHAM-REA Dans cette cabine d'A320, la tablette numérique a déjà été adoptée. Crédit: SAINT HILAIRE Olivier /HAYTHAM-REA



