93,1% des ingénieurs diplômés en 2022 ont trouvé un emploi

L’insertion des jeunes ingénieurs français progresse encore en 2022, avec, selon la Conférence des Grandes Écoles, des taux qui surpassent ceux d’avant la crise sanitaire. Mais les différences de traitement entre les femmes et les hommes dès l'embauche sont encore criantes. 

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Elèves ingénieurs
Les ingénieurs sont très demandés mais femmes et hommes ne sont pas logés à la même enseigne.

Salaires, voie d’accès à l’emploi, statut… Chaque année, la Conférence des Grandes Écoles (CGE) décrypte l’insertion des ingénieurs l’année suivant l'obtention de leur diplôme. Sur les 139 écoles d’ingénieurs interrogées en 2023, 135 ont participé à l’enquête en interrogeant leurs alumni, pour un taux de réponse final de 55,4%. Dans la continuité de la précédente édition, les résultats de l’insertion des jeunes ingénieurs sont en hausse, avec un taux d’emploi qui atteint 93,1%, soit 2 points de plus qu’en 2022. Ces chiffres d’insertion dépassent le niveau d’avant la crise sanitaire, qui avait fait chuter le taux d’emploi d’environ 8 points.

De plus, les recrutements sont de plus en plus rapides : près de neuf diplômés d’écoles d’ingénieurs sur dix (88,3%) ont trouvé un emploi en moins de deux mois, et la grande majorité (71,6%) ont même signé leur contrat avant leur diplôme. En France, le taux de CDI des diplômés augmente de 4,4 points par rapport à l’année passée, pour atteindre 87,1%. Le secteur du conseil est le premier employeur (26,2%), suivi par les TIC (technologies de l’information et de la communication), qui offre 20,8% des premiers emplois.

«Les écoles du numérique alimentent de nombreux domaines d’activités, de l’agroalimentaire au BTP, qui ont aujourd’hui besoin de ces compétences clefs. Le métier d’ingénieur se transforme progressivement», remarque Pascal Pinot, directeur de l’ESILV. Du côté des salaires, la tendance à la hausse se confirme, avec une rémunération moyenne brute hors prime de 37 601 euros.

Les écarts hommes/femmes demeurent

Malgré la hausse des taux d’insertion commune aux hommes comme aux femmes, l’enquête de la CGE révèle que ces dernières subissent encore et toujours un traitement différent à l’embauche, allant jusqu’à la discrimination. On compte 6,7% des femmes ingénieures diplômées en 2022 en recherche d’emploi, contre 5,5% des hommes. Ensuite, le nombre de cadres féminin est 7 points inférieur au nombre de cadres masculins pour leur premier emploi avec un même diplôme Bac+5 validé par la commission des titres ingénieurs. Concernant les rémunérations, en moyenne, un écart d’environ 2 000 euros par an persiste entre les deux genres. Depuis 15 ans, cette disparité ne connaît pas de baisse significative, et oscille entre 5% et 7% selon l’enquête de la CGE. Un résultat d’autant plus inquiétant que l’écart se creuse au fil de la carrière des ingénieurs. Par ailleurs les femmes apparaissent bien plus nombreuses dans les tranches de salaires les plus basses : 12,7% des diplômées en 2022 gagnent moins de 30 000 euros par an, contre 4,8% des hommes. À  l’inverse, au-delà de 42 000 euros, les hommes sont plus nombreux (26,2% contre 19,2%).

Pour éclairer ces variations, il faut aussi tenir compte de choix de secteurs assez différents. Seulement 14,8% des jeunes femmes embrassent les carrières rémunératrices de la tech contre 23,6% des garçons. Grand écart cette fois dans l’autre sens dans l’agroalimentaire, choisi par 6,8% des jeunes femmes contre 1,8% de leurs homologues masculins. Selon Florence Dufour, directrice de l’Ecole de biologie industrielle (EBI), l’évolution de l’égalité salariale dépend aussi de l’exigence du secteur d’activité : «Certains secteurs s’interdisent catégoriquement ces écarts, je pense notamment à la pharmacologie ou au conseil. Cependant, d’autres ne jouent pas le jeu, comme l’agroalimentaire où l’écart salarial est autour de 10%… Il faut arrêter de protéger ces industries qui ferment les yeux sur le sujet.»En effet, l’enquête de la CGE illustre que dans l’agroalimentaire, un secteur déjà moins rémunérateur que d’autres, les femmes sont embauchées en moyenne en brut annuel à 32 276 euros contre 35 402 euros pour les hommes. Plus de 3 000 euros de différence !

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