Un peu de répit pour les tonneliers avant d'affronter la crise

Les tonneliers français s’attendent à subir dès la fin de l’année l’impact de la crise économique qui touche leurs clients producteurs de vins et spiritueux. En 2019, leur activité a été stable.

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Cave distillerie Boulard Lecomte Pére Magloire fabrication de calvados
Les Etats-Unis représentent le deuxième marché des tonneliers français.

Après avoir engrangé de bons résultats, l’impact à venir de la crise inquiète les tonneliers. En 2019, les résultats des 58 adhérents de la Fédération des tonneliers de France, qui représente 90 % de la production française, étaient stables : 658 000 unités vendues, pour un chiffre d’affaires de 494,4 millions d’euros.

Les fabricants ont notamment bénéficié de la bonne tenue du marché du cognac (+2,5 % en volume sur la campagne 2018-2019, à 211,1 millions de bouteilles expédiées). Les professionnels comptent sur la plantation de 10 000 hectares de vignes à cognac supplémentaires, en trois ans, pour voir leurs commandes progresser à court terme. A l’export, les ventes ont gagné 3 % en volume sur les marchés européens (+ 8 % en valeur), mais ont pâti d’un net décrochage en Chine (- 27% en volume), conséquence d’un contexte économique déjà tendu dans le pays.

Des difficultés chez certains clients

Les tonneliers abordent non sans craintes la fin de l’année 2020 et l’année 2021, en raison de l'impact de la pandémie de coronavirus. "Il y aura forcément des conséquences : les vins et spiritueux se consomment beaucoup en restauration, loisirs, voyages, déplacements. Nombre de nos clients vont être confrontés à des difficultés de trésorerie dues à la chute de leurs ventes. Il est peu probable qu’ils soient en mesure de nous passer les mêmes commandes", explique Jean-Luc Sylvain, président de la Fédération des tonneliers de France.

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La fédération se félicite néanmoins de la poursuite de la production durant le confinement, les tonneliers ayant répondu à temps aux commandes des clients américains (28 % en volume, 30 % en valeur, deuxième marché derrière la France). Les commandes de barriques sont passées en mars, la production s’effectue au printemps et les produits doivent être livrés fin août ou début septembre, avant les vendanges. L’Espagne, l’Australie et l’Italie constituent les autres marchés majeurs des tonneliers français.

Des prix du bois attendus en repli

Après avoir constaté des hausses de 10 % à 15 % ces dernières années, conséquence d’une forte demande sur le chêne, les tonneliers s’attendent à un recul des prix du bois cet automne.

"Les gens préfèrent ne pas trop couper, de peur de voir les cours baisser. Il y a une chute globale, l’activité étant réduite, notamment dans le bâtiment. La consommation de bois s’est arrêtée en mars-avril, puis a redémarré, mais à de moindres niveaux. La Chine n’a pas repris ses achats de chêne comme avant la crise", indique Jean-Luc Sylvain.

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