Avec 13,8 milliards d'euros de produits exportés chaque année et un excédent commercial de 11,7 milliards d'euros, la filière des vins et spiritueux est l'un des gros contributeurs à la balance commerciale française. Une position qui la met au premier rang des filières touchées par le ralentissement de l'économie chinoise suite à l'épidémie de Covid-19.
La Chine, troisième client des exportations françaises
Malgré un ralentissement de 4,7% en 2019 (par rapport à 2018) à cause de l'affaiblissement du rythme de la croissance économique chinoise, la Chine reste le troisième client, en valeur, des exportations françaises de vins et spiritueux français selon les données révélées par la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS).
Les boissons alcoolisées représentent, selon les chiffres des douanes en date de décembre 2019, 5,2% des produits échangés avec la Chine à l'exportation.
Dans certains terroirs, comme le Cognac, ce pourcentage est beaucoup plus élevé. D'après les données de l'interprofession des vins de Cognac, 26,3 millions de bouteilles ont été vendues, en 2019, à Singapour et 25,5 millions en Chine. "L'extrême Orient représente un tiers des ventes de l'alcool charentais", explique un porte-parole de l'interprofession.
Comparaison avec le SRAS
De quoi faire craindre le pire pour les producteurs de spiritueux. "Nous sommes très inquiets", soufflait, dans les allées du salon de l'agriculture, un producteur de Cognac.
Consommés à l'extérieur ou achetés notamment lors des voyages dans les aéroports, les spiritueux sont, en effet, directement touchés par les mesures de confinement, la fermeture des bars et restaurants et la diminution des voyages.
Selon une étude comparative de l'agence de consulting IWSR, en 2003, le Sras avait engendré, dans la région Asie-Pacifique, une diminution des volumes de spiritueux de 1,6% . "Aujourd'hui, nous n'avons pas encore d'estimations mais nous savons déjà que les conséquences du Covid-19 seront beaucoup plus importantes", explique l'agence dans un communiqué, "l'économie chinoise est beaucoup plus grande, plus complexe et mieux connectée qu'elle ne l'était en 2003."
Prévisions de croissance revues à la baisse
Avant même que l'épidémie ne se soit étendue à l'Europe, les industriels du secteur avaient déjà anticipé une baisse significative de leur revenu. Diageo, le numéro 1 du secteur, table sur un manque à gagner de 200 millions d'euros et mise sur un retour à la normale, progressif, à la fin de l'année 2020.
Plus optimiste, le français Pernod Ricard, deuxième acteur du secteur, veut croire à une reprise dès le mois de mars. L'entreprise a toutefois revu ses prévisions de croissance à la baisse. Elles sont désormais situées entre 2 et 4% contre plus de 5% avant l'épidémie.
Ces estimations ne prennent toutefois pas en compte l'annulation des événements nationaux et internationaux qui se multiplient depuis fin janvier.



