Nomination

Sixième ministre de l’Ecologie d'Emmanuel Macron, Christophe Béchu va devoir prendre à bras-le-corps l’urgence climatique

Christophe Béchu, nouveau ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, devra placer la France sur la bonne trajectoire pour atteindre les objectifs fixés au niveau européen. Ce ne sera pas une mince affaire.

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Christophe Bechu
Christophe Bécu est le sixième ministre de la Transition écologique depuis le premier mandat d'Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron et Elisabeth Borne n’auront pas réussi à débaucher un véritable écologiste pour ce ministère si important. Et si Corinne Le Quéré, la présidente du Haut conseil au climat, se réjouissait lors de la présentation du quatrième rapport de l'institution, que le gouvernement ait suivi sa « recommandation numéro deux de remonter la transition écologique au niveau de Matignon », il faut reconnaître qu’après l’éphémère passage d’Amélie de Montchalin, battue aux élections législatives, la nomination de Christophe Béchu comme ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires fait grincer des dents, notamment chez Greenpeace.

« Sixième ministre en charge de l’écologie en cinq ans : le choix de Christophe Béchu est symptomatique de l’absence de vision du gouvernement sur les enjeux environnementaux, dénonce Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France dans un communiqué. Nommer à un poste si important un responsable politique sans expérience sur les enjeux de transition écologique, et qui n’a quasiment jamais pris position sur les questions nationales ou internationales de climat ou d’environnement, démontre à la fois un réel manque d’ambition et l’incapacité du gouvernement à nommer une personnalité reconnue pour ses compétences sur les enjeux écologiques. » Outre ses prises de positions sociétales contre le Mariage pour tous, dans le cadre d'une tribune dans Valeurs actuelles en 2012, et contre une campagne de prévention sur le Sida, ce diplômé de Sciences-Po Paris s’est manifesté par son opposition en 2016 à l’interdiction des néonicotinoïdes.

Promoteur des mobilités douces depuis Angers

Cet homme politique de 48 ans est un symbole des personnalités de droite (ex-UMP et ex-LR) ralliées à Emmanuel Macron. Un de ses faits d’armes est d’avoir arraché la mairie d’Angers aux socialistes, qui étaient en poste depuis 37 ans. Secrétaire général du parti d’Edouard Philippe, Horizons, il peut mettre en avant sa connaissance des collectivités territoriales de par ses différents mandats électoraux. Comme Amélie de Montchalin, il devra rapidement montrer des gages de son engagement pour la transition écologique. Il peut toujours mettre en avant son bilan à Angers, où il développe le concept de la smart city et les mobilités douces. Mais le réchauffement climatique n’attend pas. Les derniers rapports du Giec ne cessent d'alerter sur l’urgence climatique et environnementale. Et la France devra mettre les bouchées doubles pour atteindre les objectifs européens de baisse de 55% des émissions de CO2 d’ici à 2030 (-54% pour la France selon le HCC).

Il faudra dépasser le bilan mi-figue, mi-raisin, du précédent quinquennat, avec d'une part les lois sur le climat et Agec, mais d'autre part des renoncements à d’importantes propositions de la convention citoyenne pour le climat. Les priorités devront se tourner vers les secteurs à la traîne comme les transports, le bâtiment et l’agriculture. Une feuille de route qui comprendra sans doute des mesures parfois impopulaires, qui ne pourront être acceptées que si des amortissements sociaux sont prévus. Ce gouvernement doit mettre un grand coup d’accélérateur sur le développement des modes de transport durables (train, voiture électrique…), l’économie circulaire et la réduction des déchets, l’abandon des produits phytosanitaires et des engrais azotés, la sauvegarde de la biodiversité, sans oublier une vraie politique volontariste sur l’adaptation au réchauffement climatique. Il s'agit là d'une des grosses lacunes de la politique du gouvernement mise en avant dans le quatrième rapport du Haut conseil pour le climat. Pour l'aider sur ces chantiers, Christophe Béchu sera épaulé par la secrétaire d'Etat à l'écologie, la jeune députée de Gironde, Bérangère Couillard. 

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