Schneider Electric continue à peaufiner les possibilités offertes à ses salariés d’aménager leurs fins de carrière. Alors que le groupe est déjà doté d’un arsenal de dispositions pour les seniors, le nouvel accord sur le compte épargne temps (CET), qui concerne les 15000 salariés du groupe en France, contient une disposition particulière pour ceux à trois ans de la retraite. Il a été signé par les cinq syndicats représentatifs du groupe, le 17 décembre. «A la demande des syndicats, nous avons cherché de nouveaux dispositifs pour favoriser les réductions d’activité à l’approche de la retraite», explique le responsable des relations sociales, Christian Lambert.
Depuis 2014, les salariés pouvaient déjà convertir leur indemnité de départ à la retraite en jours de repos. Ils permettaient d’arrêter de travailler totalement jusqu'à six mois avant la date de départ à la retraite si l’indemnité de départ était équivalente à six mois de salaire (de cinq mois si l’indemnité est de cinq mois, etc). «Un dispositif que vient seulement de prévoir l’accord national interprofessionnel sur les seniors», signé en novembre 2024, note Christian Lambert, pas mécontent de souligner l’avance de Schneider sur le sujet... Les salariés pouvaient aussi, huit mois avant leur départ à la retraite, travailler à mi-temps en touchant 60% de leur salaire, toujours après avoir converti leur indemnité de départ à la retraite (de quatre mois dans ce cas de figure) en temps de repos.
Travailler moins jusqu'à trois ans avant la retraite
Nouveauté de l'accord groupe de 2024 : il offre la possibilité de transférer son indemnité de départ dans le CET jusqu’à trois ans avant la date de départ à la retraite, et d'utiliser ces jours durant cette période. Avec beaucoup de souplesse sur la répartition de ces jours. «Ce sera une nouvelle contrainte pour les managers en termes d’organisation du travail, mais c’est un moyen pour l’entreprise de garder des collaborateurs qui ont des savoir-faire à transmettre», précise Christian Lambert.
Cette nouvelle souplesse pourra se conjuguer avec ce que prévoit l’accord de juillet sur la Gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP), signé par quatre organisations syndicales sur cinq (sans la CGT). Parmi les mesures originales mises en place, le pass «Duo Pro» permet à un salarié de réduire son temps de travail pour se consacrer à une autre activité : être salarié d’une autre entreprise, faire du free-lancing, ou créer son entreprise sans quitter Schneider Electric. Il pourrait par exemple travailler à 40% et percevoir 40% de son salaire, ou travailler à 90%, payé à 90%. Opérationnel depuis octobre, Duo Pro, qui peut durer au maximum trois ans, a déjà été demandé par une quinzaine de salariés.

- 0.2-33.33
Trim 4 2025
Salaire ouvriers - Ensemble DE à RU% sur dernier mois du trimestre précédent
- 1784.36+3.25
2024
Smic brut mensuel - moyenne annuelleen €/mois
- 0.87053+0.18
9 Avril 2026
Livre sterling (GBP) - quotidien£ GBP/€
Une porte grande ouverte aux temps partiels
«Jusqu’ici, les salariés qui souhaitaient créer leur entreprise quittaient Schneider Electric avec une rupture conventionnelle, et on les accompagnait pendant trois ans, détaille Christian Lambert. Mais d’une part ce dispositif n’était pas ouvert aux collaborateurs proches de la retraite, d’autre part, les partenaires sociaux nous ont demandé que les créateurs d’entreprise puissent rester chez Schneider pendant la phase de création.» Si leur projet fonctionne, ils partiront en rupture conventionnelle et seront accompagnés, comme avant. Sinon, ils pourront reprendre leur activité à temps plein au sein du groupe.
L’accord formalise par ailleurs une pratique qui se développait et intéressait le groupe, notamment pour les métiers de R&D : le travail en free-lance, pour Schneider, de jeunes retraités. Ils pourront passer par la plateforme d’un prestataire, à raison de 100 jours de mission maximum par an pour leur ancien employeur. Dans la longue liste des possibilités d'aménager son temps de travail, Schneider Electric proposait déjà toutes sortes de «pass» permettant à un salarié d’être mis à disposition d’une PME ou ETI locale, de s’engager dans une association, de faire de l’enseignement et – pour ceux à quatre ans de la retraite – de s’engager dans le soutien à l’insertion professionnelle.
«Pendant des années, le modèle a été le CDI à temps plein, conclut Christian Lambert. Là on ouvre grand la porte aux temps partiels. On ne parlait que d’exclusivité du salarié pour son employeur, là on accepte qu’il ait d’autres activités professionnelles.» Dans une entreprise technologique comme Schneider, où les plus techniques des salariés sont tentés de s’aérer l’esprit en créant une entreprise ou en s’engageant sur des questions sociétales, l’enjeu est bien sûr celui de l’attractivité et de la rétention des talents.



