Le réchauffement des relations diplomatiques entre la France et le Maroc fait les affaires des entreprises tricolores. La visite d’Etat d’Emmanuel Macron à Rabat, du 28 au 30 octobre, devrait au final se conclure par près de 10 milliards d’euros de contrats pour des entreprises françaises, ou d’engagements croisés, selon le décompte avancé par l’Elysée.
Une seconde salve d’accords commerciaux a été signée ce mardi 29 octobre à l’issue du forum d’affaires organisé entre entreprises des deux pays lors de la visite d'Etat. De quoi renforcer encore la position des groupes français, déjà premiers investisseurs au Maroc avec plus de 8,2 milliards d’euros de stock d’investissements directs en 2022.
18 rames TGV pour Alstom, une nouvelle usine Safran
Les grands gagnants ? Alstom – qui a investi depuis 2020 près de 30 millions d’euros dans son usine de Fès et prévoit l’ouverture d’un second site dans le pays – a remporté un appel d’offres avec l’office national des chemins de fer (ONCF) marocain pour la fourniture ferme de 18 rames de TGV de nouvelle génération Avelia Horizon. Le montant du contrat tournerait autour de 750 millions à 1 milliard d’euros, en fonction des options de maintenance. Une partie des composants devraient être produits au Maroc.
Le chantier de la prolongation de la ligne TGV entre Tanger et Marrakech profite aussi à l'équipementier ferroviaire Vossloh, sélectionné pour fournir 75 millions d’euros de rails et de systèmes d’aiguillage d’ici à 2027. Egis avait déjà été désigné à l’été pour réaliser la maîtrise d’ouvrage du projet.

- 1784.36+3.25
2024
Smic brut mensuel - moyenne annuelleen €/mois
- 145.1+0.21
Décembre 2025
Indice mensuel du coût horaire du travail révisé - Salaires et charges - Tous salariés - Industrie manufacturière (NAF rév. 2 section C)base 100 en décembre 2008
- 7.9827-0.18
13 Avril 2026
Yuan chinois (CNY) - quotidien¥ CNY/€
Le ferroviaire n’est pas le seul secteur porteur. Dans le transport maritime, l’armateur CMA CGM va investir 280 millions d’euros avec son partenaire Marsa Maroc pour augmenter les capacités du terminal conteneur de Nador West Med, à la pointe Nord du Maroc, dont ils opéreront pour 25 ans une partie de quai et 35 hectares de parcs de stockage de conteneurs.
Safran, qui possède déjà huit usines dans le pays, va construire à Casablanca un nouvel atelier de maintenance pour ses moteurs Leap, avec 600 emplois directs à la clef. Le site, pour lequel l’investissement n’a pas été précisé, devrait être opérationnel en 2026 et capable de réparer 150 moteurs par an.
Des partenariats stratégiques dans l'eau, l'énergie et les satellites
Pour le reste, les annonces relèvent de projets moins avancés. Parmi les autres contrats signés, TE H2, la co-entreprise détenue à 80% par TotalEnergies à côté du groupe Eren, a de son côté franchi la première étape de développement de son projet de construction d’un parc solaire et éolien géant de 1 gigawatt de capacité afin de produire de l’hydrogène vert, avec la signature d'«un contrat préliminaire de réservation du foncier», comme l'a annoncé le groupe TotalEnergies, qui avance sur d'autres projets similaires en Tunisie.
Cette étape permet au groupe de démarrer les études préliminaires sur le projet, développé avec les sociétés financières danoises CIP et AP Moller capital. L'objectif final est de produire à partir de cet hydrogène vert 200000 tonnes par an d’ammoniac destiné à l'exportation vers le marché européen.
Veolia a aussi signé un partenariat stratégique pour construire et exploiter la deuxième plus grande usine de dessalement d’eau de mer du monde à proximité de Rabat. Elle devrait permettre d’approvisionner près de 9,3 millions d’habitants. Même chose pour Engie, qui espère développer avec le puissant groupe public OCP, qui exploite l’énorme gisement de phosphate du Maroc, des projets d’usine de dessalement, de production d’ammoniac vert et de production d’énergies renouvelables.
Un protocole d’accord a par ailleurs été validé entre Thales Alenia Space et l’opérateur marocain Panafsat pour fournir un satellite de communication géostationnaire capable d’offrir une connectivité internet haut-débit en Afrique. EDF renouvelable est de son côté en lice pour construire la deuxième phase du parc éolien de Taza, tandis que Suez avance quatre accords, dont deux concernent la gestion des centres de déchets de Kénitra et la construction de celui d’Oum Azza, proche de la capitale
Le géant du phosphate OCP investit dans la start-up NetZero
Dans le domaine financier, un fonds d’investissement de 50 millions d’euros va être aussi mis en place entre Bpifrance et le groupe OCP pour soutenir des start-up et PME innovantes et actives sur les énergies vertes et la production d’eau en Afrique. Les investissements marchent aussi en sens inverse. InnovX, filiale encore une fois du géant des phosphates OCP, va entrer au capital de la start-up de production de biochar NetZero et y investir 7 millions d’euros. Les deux sociétés ont prévu de lancer une coentreprise pour développer le marché du biochar en Afrique subsaharienne.
D’autres accords de coopération visent le développement d’un projet de production de e-carburants par MGH Energy au Sahara occidental ou une alliance dans la recherche avec le groupe des écoles Centrale. Ces accords commerciaux s’ajoutent au «partenariat d’exception renforcé» signé entre la France et le Maroc. Un volet, négocié au printemps par l’ancien président d’Engie Gérard Mestrallet, concerne notamment la coopération dans le domaine de l’énergie, qui concerne notamment le développement des énergies vertes et la connectivité entre les deux pays.



