Les pelleteuses sont de sortie à Kénitra en cette matinée ensoleillée. Implantée à moins de 60 kilomètres de Rabat à vol d’oiseau, l’usine de Stellantis est en chantier. Partout, des pieux en béton ont surgi, signe que le site inauguré en 2019 – d’où sortent des Peugeot 208 et des quadricycles électriques (Citroën Ami, Fiat Topolino et Opel Rocks) – s’agrandit déjà.
Moyennant un investissement de 300 millions d’euros, sa capacité de production est appelée à doubler, à 450 000 véhicules par an. À proximité, plusieurs dizaines de fournisseurs venus s’installer spécialement pour l’occasion, tels Forvia (ex-Faurecia) ou Plastic Omnium, ne devraient pas tarder à en faire autant.
Créer un nouveau marché moteur en Afrique
Le Maroc, politiquement stable et économiquement attractif grâce à sa main-d’œuvre qualifiée et peu chère, a multiplié les gestes vis-à-vis des constructeurs depuis le milieu des années 2000 pour attirer les investissements étrangers, comme Renault dès 2012 à Tanger, une zone franche. «Désormais, dès qu’un investissement est envisagé par un constructeur ou un équipementier, le Maroc est en haut de la liste», assure un initié.
Le pays a des ambitions : produire un million de véhicules en 2025, de quoi rendre jaloux des pays historiquement positionnés dans ce secteur, comme l’Italie. Si le Royaume produit encore des véhicules essentiellement destinés à l’Europe, il est excellemment placé pour fournir en véhicules abordables un marché automobile appelé à se structurer en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

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Avril 2026
Demi-produits X5 Cr Ni18-10 (1.4301) - Ecart d'alliage€/tonne
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3 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
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Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
Atteindre 22% de parts de marché en Afrique et au Moyen-Orient d'ici 2030
Stellantis, qui entend rayonner mondialement par le biais de ses 14 marques, en a conscience et compte bien saisir cette opportunité. Objectif : conquérir plus de 22% de part de marché dans la région d’ici à 2030, afin d’établir un «troisième moteur, aux côtés de l’Amérique du Nord et de l’Europe ». C’est dans ce contexte que le groupe automobile a ouvert en décembre sa première usine en Algérie, dans la ville d’Oran. D’abord consacré à la production de la Fiat 500 hybride le site verra sa capacité annuelle initiale de 50 000 unités quasiment doubler, à 90 000 unités, d’ici à 2026.
Et ce n’est pas tout. Stellantis est également en train de construire une usine en Afrique du Sud. Celle-ci devrait ouvrir ses portes en 2025. Sa capacité de production n’a toutefois pas été rendue publique.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3728 - Mars 2024



