Pour la dixième année, l’éco-organisme Refashion (ex-Eco TLC) organise son challenge destiné à trouver des solutions innovantes autour du recyclage du textile, du linge et des chaussures. Ouvert aux projets français et européens, le concours, doté de 500 000 euros, est recentré cette année sur la préparation au recyclage des textiles et chaussures usagés et leur recyclage en nouvelles matières. La clôture des candidatures est fixée à fin novembre.
"Auprès des créateurs et fabricants, nous insistons sur la nécessité de penser en amont la préparation au recyclage. Concernant le niveau de maturité technologique des projets, nous avons monté le niveau. Les proofs of concept (POC) doivent être prêts, et des essais sur des chaussures ou des textiles usagés déjà réalisés", précise Cécile Martin, responsable innovation et recyclage chez Refashion.
L’une des thématiques mises en avant porte sur l’application de la directive européenne imposant une collecte séparée des textiles d’ici à 2025. Autre enjeu, le devenir des 100 000 tonnes de textiles, linges et chaussures non-réutilisables après le tri, sur un total de 250 000 tonnes collectées et triées en 2019.
Des solutions pour le flux existant

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Février 2026
Indices des prix internationaux des matières premières importées - Pâte à papier - En eurosBase 100 en 2010
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Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
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Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
Aujourd’hui, la filière française atteint un taux de réutilisation de 60 % des textiles triés, les volumes restants étant envoyés en recyclage et valorisation énergétique (et 0,5 % de déchets ultimes). La collecte plafonne à 38% du gisement, soit le volume d'articles mis sur le marché dans l'année.
Pour Refashion, la priorité est de trouver des débouchés aux flux déjà collectés. "Avant d’augmenter la collecte, il faut trouver des solutions pour ce flux. Les textiles et chaussures n’étant pas des produits durables indéfiniment ; il faut trouver une solution pour les recycler. Il convient aussi de faire baisser le coût des opérations, notamment le retrait des points durs comme les boutons et les fermetures", indique Cécile Martin.
Ces dernières années, le concours s’est efforcé de trouver de nouveaux débouchés au recyclage en boucle ouverte, notamment dans les filières automobile, bâtiment et plasturgie. Au total, 52 projets ont été soutenus depuis dix ans. Refashion a créé des groupes de travail destinés à développer des non-tissés pour l’automobile et les transports, ainsi que des matériaux composites à partir de textiles usagés.
"Il y a quelques années, nous avons soutenu un projet de matériau plastique avec un matériau recyclé introduit comme charge fibreuse, chez Plaxtil", illustre la responsable – dernièrement, la PME de Châtellerault (Vienne) a fait parler d’elle pour sa solution de recyclage des masques chirurgicaux.
L’éco-organisme doit toutefois veiller à la viabilité économique de la filière. Suite au premier confinement, des aides ont été versées aux opérateurs de tri, dont les entrepôts étaient pleins et les marchés export restreints.



