Decathlon, Eram et Petit Bateau font équipe pour travailler sur la seconde vie de leurs productions textiles

Eram et Petit Bateau rejoignent la chaire Bali (Biarritz Active Lifestyle Industry) de l’école d’ingénieurs Estia, basée dans le Pays basque. Avec en ligne de mire la création d’une plate-forme textile industrielle dédiée à l’économie circulaire en juin 2021 à Saint-Jean de Luz.

 

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Chaussure design Eram
Eco-concevoir pour mieux recycler : c'est l'objectif de plusieurs grands noms français du textile et de la chaussure.

Celio, Naf Naf, La Halle, Camaieu … La crise du Covid-19 n’a pas épargné les enseignes françaises de la distribution textile. Mais la filière n’est pas pour autant à l’arrêt total, et certains acteurs regardent toujours vers l’avenir. En particulier ceux qui tentent de (re)nouer des liens avec le tissu productif français pour relocaliser certaines productions.

Decathlon en fait partie. Le groupe français leader du sport est d’ailleurs le premier partenaire de la chaire Bali (Biarritz Active Lifestyle Industry), créée en 2017 par l’école d’ingénieurs Estia basée dans les Pyrénées-Atlantiques.

Pour la période 2020-2023, il est rejoint par deux grands noms du textile français : Eram et Petit Bateau. Le spécialiste européen de la mode de seconde main Patatam se joint aussi à la démarche, tout comme le Ceti - le Centre européen des textiles innovants - basé à Roubaix (Nord) et l'éditeur de logiciels Belharra, installé à Biarritz. Les industriels vont non seulement financer les travaux de chercheurs, mais en accueillir chez eux pour mener des projets d’innovation appliquée.

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Chacun creusera un sujet en lien avec sa stratégie : l’éco-conception pour Eram, la digitalisation des outils de production pour Petit Bateau (qui veut faire de son usine de Troyes, dans l’Aube, une référence en la matière), la collecte des vêtements et les nouveaux modèles économiques associés pour le groupe Decathlon. "Les travaux des uns seront partagés avec l’ensemble des acteurs", explique Chloé Salmon-Legagneur, responsable de la chaire Bali à l’Estia.

En ligne de mire, il y a la création de la première plateforme industrielle dédiée à la valorisation circulaire des déchets textiles et chaussures. Elle ouvrira ses portes à Saint-Jean de Luz, sur l’ancien siège social de Boardriders / Quiksilver. Il s’agit d’un projet de 3 millions d’euros, dont la première phase, dédiée à la valorisation et au réemploi, sera livrée en juin 2021, avec 50% de financements de la région Nouvelle-Aquitaine. La seconde phase, axée sur l’éco-conception, est prévue un an plus tard.

Machines de tri high tech

En juin 2021, au sein de l’ancienne halle de stockage, une première ligne–test sera créée avec des machines pour expérimenter l’automatisation du tri de vêtements et de chaussures, avec de la reconnaissance d’images, de matières, de couleurs. Des solutions de démantèlement intelligentes, par des robots (pour séparer les différentes pièces et matières de vêtements et chaussures) seront également à disposition des industriels partenaires, qui pourront les évaluer, avant d’éventuellement les déployer. Quatre opérateurs permanents feront tourner ce centre de tri textile de nouvelle génération.

La finalité, c’est d’utiliser des matériaux de vêtements ou chaussures en fin de vie pour recréer d’autres produits textiles. "Aujourd’hui, on sait refaire de la matière à partir de produits en fin de vie, mais plutôt dans l’isolation par exemple. Les industriels veulent pouvoir récupérer ce qu’ils ont mis sur le marché pour pouvoir en refaire des produits textiles, "en boucle fermée". C’est dans cette direction que nous travaillons", précise Chloé Salmon-Legagneur.

Une quarantaine d'industriels intéressés

C’est un élément-clé pour pouvoir relocaliser des productions en Europe en se fournissant localement en matières premières. "Il n’y a pas de coton en Europe, mais si on récupère des produits en coton et qu’on arrive à les recycler, ça règle le problème", résume-t-elle. Certains grands industriels français pourraient ainsi devenir des spécialistes du démantèlement automatisé de textiles de toutes marques, pour nourrir leurs usines françaises. Utopie ? Une quarantaine d’industriels français du luxe, du sportswear, de la distribution, ont été associés étroitement à la préfiguration du centre industriel, et ont l’intention de venir y tester des solutions qu’ils souhaitent mettre en œuvre.

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