Dans le Nord, comment le Ceti et Okaïdi ont industrialisé des t-shirts en coton recyclé

L’enseigne de mode pour enfants Okaïdi lance une gamme de deux t-shirts à base de 60 % de fibres de coton recyclées. Une innovation réalisée grâce aux technologies du Centre européen des textiles innovants et à des usines nordistes.

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Centre européen des textiles innovants
Le Ceti s'est doté l'an dernier d'un démonstrateur industriel de recyclage des fibres courtes.

"Si parfaite… pas moi, la fibre de mon t-shirt" : la nouvelle ligne de t-shirts lancée par Okaïdi s’amuse de sa composition. Un an après l’inauguration d’un démonstrateur industriel de valorisation des vêtements usagés, le Centre européen des textiles innovants (Ceti) a élaboré pour l’enseigne nordiste pour enfants une gamme composée de fil 100 % coton : 60 % de fibres issues du recyclage de vêtements usagés, et 40 % de fibres vierges issues de l’agriculture biologique.

"Le t-shirt est une maille, donc une boucle, ce qui nécessite un fil fin. C’est la différence avec des fils plus grossiers qui existaient déjà en coton recyclé", souligne Pascal Denizart, directeur général du Ceti. Situé à Tourcoing (Nord), ce centre de recherche et de développement appliqués, dédié au prototypage des innovations textiles avant leur mise sur le marché, intervient à 80% pour des groupes et grandes marques industriels.

Deux millions d’euros avaient été investis en 2019 dans un outil permettant de recycler les fibres courtes, une première en Europe. Vouloir produire un fil fin, veut dire produire des fibres courtes. Une fibre vierge va de 23 à 25 millimètres, une fibre recyclée va de 12 à 16 mm. Faire un fil fin est donc plus complexe.

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Un transfert de savoir-faire

"Vouloir produire un fil fin, veut dire produire des fibres courtes. Une fibre vierge va de 23 à 25 millimètres, une fibre recyclée va de 12 à 16 mm", rappelle Pascal Denizart. Après avoir effiloché le textile, réalisé le ruban et produit une centaine de pièces tests, le Ceti s’est mis en quête d’un circuit de masse pour industrialiser la production (30 000 pièces demandées). Le filateur Textile des Dunes, installé lui aussi dans le Nord, à Steenvoorde, s’est diversifié en élargissant sa production de la viscose au coton.

"Le coton recyclé est un produit plus technique, mais qui leur permet d’aborder un nouveau marché", appuie Pascal Denizart. Le Ceti a réalisé un transfert de savoir-faire, sur la base du cahier des charges d’Okaïdi. Toujours dans le Nord, à Caudry, la Manufacture française de textile a assuré le tricotage et la teinture.

Un vecteur de relocalisation

"La collecte et le tri sélectif doivent devenir une vraie industrie. Des collecteurs trieurs doivent se lancer dans cette activité. Le nouveau métier d’effilocheur-filateur doit être renforcé, et être plus compétitifs. On peut relancer la filature en France grâce au recyclage et à l’économie circulaire", espère Pascal Denizart, qui compte également sur les effets du plan de relance pour développer cette activité. L’interdiction, depuis la mise en oeuvre de la loi Economie circulaire, de détruire les invendus devrait par ailleurs tirer l’activité du Ceti : en dehors de la revente, leur recyclage sera autorisé.

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