Tous les indicateurs sont en hausse. «2022 pourrait être une année record pour l’emploi des cadres», prédit Laetitia Niaudeau, directrice générale adjointe de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), à l'occasion de la publication, lundi 7 novembre, de ses prévisions pour le quatrième trimestre. 2022 pourrait atteindre les 282 000 recrutements de cadres, quand le record de 2019 s’établissait à 281 300.
Depuis le début de l’année, le site de l’Apec a recensé 475 300 offres d’emploi, soit 16% de plus que sur la même période de 2019, année de référence. 9000 nouvelles offres sont publiées chaque jour ; le 7 novembre, il y en avait 145 000 ! Autre indicateur : les intentions de recrutement des entreprises. Non seulement elles ne faiblissent pas, mais sont en croissance : 62% des ETI et grandes entreprises ont l’intention de recruter au moins un cadre au cours du quatrième trimestre. Elles étaient 54% au trimestre précédent. Chez les PME, la progression est moindre, mais non négligeable : elles sont 19% à prévoir un recrutement contre 15% au trimestre précédent.
«On continue de ressentir la reprise de l’automne 2021, le rattrapage post-Covid, analyse Laetitia Niaudeau. Cet effet va s’amoindrir en 2023, mais pour le moment, face à l’incertitude, les entreprises ont choisi l’action plutôt que l’attentisme qui est parfois pratiqué en période de crise.» Elles sont même proactives et cherchent plus qu’avant à débaucher chez les concurrents : les cadres sont de plus en plus sollicités par les cabinets de recrutements : 33% d’entre eux affirment l'être, en hausse de 5 points par rapport à juin.
Des cadres en veille, mais pas de grande démission
Du côté des cadres, l’Apec observe de «l’attentisme». Pas de phénomène de grande démission (13% seulement des cadres, chiffre stable, veulent changer d’entreprise dans les trois mois), mais les cadres surveillent le marché de l’emploi. Surtout les jeunes : 72% des moins de 35 ans ont prévu de consulter les offres d’emploi, ils n’étaient que 64% en juin.
Conséquences de ce fort dynamisme du marché de l’emploi cadres : les entreprises ont du mal à recruter. Sur ce sujet aussi, 2022 sera une année record, selon l’Apec : 84% des entreprises anticipent des recrutements difficiles, dont 38% de très difficiles. Du jamais vu de toute l’histoire de l’Apec ! La moitié des recrutements porte sur un des trois familles de métiers cadres les plus en tension : numérique, études et R&D, production industrielle-chantier. Toutes les régions sont concernées par ces difficultés de recrutement, l’Ile-de-France de façon un peu moins forte parce que le vivier de cadres y est plus large, l’Occitanie un peu plus que les autres parce qu’on y recrute massivement sur les métiers les plus en tension.
La rémunération en tête des préoccupations
Les études de l’Apec apportent des pistes aux entreprises pour attirer les cadres. En tête de leurs préoccupations : la rémunération. En cette année de forte inflation, les cadres sont inquiets à l’idée de perdre en pouvoir d’achat et souhaitent, à 66%, améliorer leur rémunération. Deuxième attente : qu’on leur donne des perspectives d’évolution (49%), ce qui est souvent lié à une évolution de la rémunération. Troisième demande des cadres : qu’on favorise le bien-être et la santé en entreprise. Le télétravail massif et les questions sanitaires sont passées par là. Développer la politique RSE de l’entreprise n’entre en ligne de compte que pour 25% des cadres interrogés, en septième position. « Oui mais dans un contexte de fortes tensions de recrutement, tous les critères peuvent jouer un rôle pour recruter mais aussi pour fidéliser », conclut Gaël Bouron, responsable adjoint du pôle études.



