Elle veut transformer le Rassemblement national en parti de gouvernement. Marine Le Pen s’engage pour la troisième fois dans la course à la présidence de la République. Dès janvier 2020, deux ans avant l’élection, la candidate d’extrême-droite faisait part de ses intentions. Elle défendait alors « un projet de grande alternance pour remettre le pays sur pied ».
Qualifiée au second tour de l’élection présidentielle de 2017, Marine Le Pen s’était heurtée à un adversaire mieux préparé à l’épreuve du débat. Face à Emmanuel Macron, Marine Le Pen avait fini par échouer avec 33,9% des voix. Entre temps, la fille de Jean-Marie Le Pen a eu le temps de poursuivre son chantier de dédiabolisation du Front national, rebaptisé Rassemblement national en 2018. Une fois gagné son accession au second tour, après avoir éliminé son rival Eric Zemmour, il lui reste à rassembler les dissidents de la famille d'extrême droite et à élargir sa cible.
Son obsession
Le contrôle de l’immigration. Dès son éventuelle élection, Marine Le Pen souhaite soumettre au référendum un projet de loi baptisé C2I, pour « citoyenneté, identité, immigration ». Le texte contient plusieurs mesures pour réduire drastiquement les flux migratoires : supprimer le droit du sol, réformer la politique de l’asile, expulser les criminels étrangers, instaurer la priorité nationale dans les aides sociales…

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Ses mesures pour les entreprises
Marine Le Pen veut diminuer « massivement » les impôts de production pour les TPE et PME, en supprimant notamment la cotisation foncière des entreprises (CFE). Elle souhaite donner la priorité aux entreprises françaises dans l’accès aux marchés publics, dans une déclaration du 18 janvier 2022. Peu avant, en novembre, elle avait indiqué vouloir mettre en place « un fonds souverain » en empruntant aux Français pour investir dans l'innovation et les secteurs stratégiques.
Ses mesures pour le pouvoir d’achat
La candidate du RN a déclaré le 21 octobre 2021 vouloir baisser la TVA de 20% à 5,5% sur l’électricité, le gaz, le fioul domestique et les carburants. « Je permettrai dans un engagement commun avec les entreprises une hausse de salaire de 10 % jusqu’à 3 fois le SMIC en dispensant les entreprises de charges sur ces augmentations », ajoutait Marine Le Pen début février.
En septembre 2021, elle faisait part de sa volonté de nationaliser les autoroutes pour baisser les tarifs des péages de 15%. Le 30 novembre, Marine Le Pen ajoutait vouloir déployer des offres de prêts à destination des jeunes actifs et des classes moyennes modestes pour faciliter les achats immobiliers et supprimer les droits de succession « pour toutes les classes populaires et moyennes à travers un abattement de 300 000 euros sur le patrimoine ».
Ses mesures en faveur de l’innovation
La candidate promet un soutien à l’innovation, mais doit encore détailler ses propositions. « Plutôt que prendre des engagements [climatiques] illusoires sur 2050 ou 2070, les gouvernements devraient lancer des coopérations technologiques de rupture », écrivait Marine Le Pen en novembre 2021. Elle s’est exprimée plus précisément sur le projet Iter à Cadarache (Bouches-du-Rhône). Selon elle, le chantier « dispose de budgets ridicules par rapport aux enjeux ».
Sur le numérique, Marine Le Pen veut « favoriser l’émergence d’acteurs français ou européens ». Là encore, la candidate propose d’appliquer la préférence nationale ou européenne dans les commandes publiques. « Cela concernera les matériels informatiques, de télécommunication, les logiciels, les services, notamment d’hébergement en nuage (le cloud) », liste-t-elle. Marine Le Pen souhaite aussi encadrer plus strictement le rachat des entreprises françaises du numérique pour éviter l'absorption d’acteurs stratégiques par des groupes étrangers.
Ses mesures sur les compétences
La candidate souhaite apporter des aides aux entreprises pour soutenir l’apprentissage. Parmi ses 22 mesures pour 2022, elle propose la création d'un chèque-formation mensuel de 200 à 300 euros pour les apprentis, les alternants et leurs employeurs. Elle suggère également de suspendre le travail détaché.
Sa stratégie environnementale
Pour Marine Le Pen, la politique de libre-échange « constitue la première source de pollution et d’affaiblissement de nos économies », selon des propos tenus le 18 janvier. La cheffe du Rassemblement national fustige « l’écologie punitive » et les taxes sur les énergies fossiles. Elle évoque sur son site diverses pistes pour lutter contre le réchauffement climatique : « remettre en cause » le tabou du contrôle démographique, relocaliser les activités industrielles et agricoles, développer le nucléaire de quatrième génération et la filière hydrogène.
Sa vision de la politique énergétique
Le 14 janvier, Marine Le Pen a proposé de supprimer les subventions accordées aux énergies renouvelables intermittentes comme l’éolien ou le solaire. La candidate voit dans l’éolien une « filière inutile », dont elle critique le gigantisme, le manque de compétitivité et l'impact environnemental. La candidate veut arrêter le développement de tous les projets éoliens français, qu’ils se situent en mer ou sur terre. Sur son site, elle va jusqu'à proposer le démantèlement de l'ensemble des éoliennes installées sur le territoire.
Comme de nombreux candidats, Marine Le Pen veut réinvestir dans le nucléaire. « Élue présidente, je lancerai la construction d’EPR », a-t-elle promis en novembre 2021. Elle a également critiqué la tarification Arenh (accès régulé à l'électricité nucléaire historique). « Je réinstaurerais une règle saine et de bon sens qui veut que si des concurrents privés veulent pénétrer le marché électrique, ils investissent dans des centrales », a-t-elle déclaré. Elle propose enfin des investissements dans la filière hydroélectrique et dans « la révolution hydrogène ».
Sa vision des relations sociales
Marine Le Pen a peu évoqué ce sujet. L'idée d'une « mondialisation sauvage » revient souvent dans ses discours. En 2019, elle dénonçait « les licenciements boursiers » et les « patrons voyous ».
Concernant les retraites, la candidate est revenue sur sa proposition de réduire pour tout le monde l’âge légal de départ à 60 ans (au lieu de 62 ans aujourd’hui) avec 40 annuités de cotisation. La candidate défend dorénavant un système progressif qu’elle a résumé ainsi le 17 février : « Travailler plus tôt, c’est travailler plus dur et donc partir à la retraite plus tôt. » Selon ce programme, les personnes ayant commencé à travailler entre 17 et 20 ans pourront bénéficier d’un taux plein dès 60 ans avec 40 annuités. « Pour les personnes entrées dans la vie active après 20 ans, et cela jusqu’à 24 ans et demi, un système progressif, de 160 à 168 trimestres de cotisation, sera mis en place », a ajouté la candidate. Pour cette catégorie, l’âge légal de départ irait de 60,75 ans à 62 ans. Enfin, pour ceux qui ont commencé à travailler à partir de 25 ans, le nombre d’annuités serait fixé à 42 ans.
Marine Le Pen maintient sa proposition de porter le minimum vieillesse à 1 000 euros. « C’est un choix budgétaire », avait-elle argumenté au micro de France Info en novembre 2021 concernant le financement de ces mesures.
Son idée clé pour réindustrialiser
Toujours en novembre, Marine Le Pen a défendu le « patriotisme économique » au salon du Made In France. Elle propose notamment de baisser les impôts de production pour les TPE-PME et de donner la priorité aux entreprises françaises dans les marchés publics (voir plus haut). La candidate veut conditionner les subventions à la création d’emplois au titre d’une politique d’aménagement du territoire. Elle défend également un étiquetage plus clair en faveur du « fabriqué en France ». Elle envisage également un Fond souverain français alimenté à hauteur de 500 milliards d'euros par l'épargne publique des français et rémunéré à 2 %. Son rôle serait de financer les investissements dans le nucléaire, les secteurs stratégiques mais il interviendrait aussi pour racheter les concessions autoroutières.
Son futur ministère de l’Industrie
Non évoqué.
L'Europe
Marine Le Pen a fait marche arrière sur plusieurs de ses propositions portées en 2017. Elle ne défend plus le Frexit ou l’abandon de l’euro. Elle encourage désormais une réforme des accords de Schengen, plutôt qu’une suspension. Le 18 janvier, la candidate a dénoncé le « dogme devenu religieux de la libre circulation » ou encore « la folie normative » de l’Union européenne « dont la finalité conduit à écarter les TPE-PME au profit des grands groupes ».
Marine Le Pen promeut à la place une « Europe des nations » avec des coopérations entre les États dans les domaines régaliens. Elle suggère également « la création de champions français et européens capables de remplacer les Gafa en Europe et de la concurrence sur la scène mondiale ».
Son idée la plus originale
Exonérer les personnes de moins de 30 ans d'impôts sur les revenus et d’impôts sur les sociétés. Avec cette mesure, Marine Le Pen espère notamment favoriser la création d’entreprises en France et l'acquisition d'un logement chez les jeunes.
Son idée la plus rebattue
Mettre fin aux traités de libre-échange. Marine Le Pen propose de rétablir les contrôles permanents aux frontières nationales de l'Union européenne. La France pourrait ensuite négocier éventuellement des accords bilatéraux pour simplifier ces procédures avec « les pays qui maîtrisent drastiquement leur politique migratoire ».
Le financement du programme
Pour « récupérer les ressources qui ont tant manqué à nos services publics », Marine Le Pen entend créer un ministère spécialement dédié aux fraudes. « La fraude c’est du vol et un vol par dizaines de milliards. Fraudes aux prestations sociales, aux cotisations sociales, ententes, fraudes à l’étiquetage, fraudes aux importations, sans oublier l’évasion fiscale », estime la candidate.
Comme Eric Zemmour, Marine Le Pen pointe du doigt « le coût de l’immigration ». En réduisant radicalement les aides sociales aux étrangers, la candidate estime pouvoir faire économiser à l’État 16,1 milliards d’euros par an. Des calculs souvent contestés par les économistes et les institutions publiques.



