Les candidats à la présidentielle font assaut de propositions sur le Made in France

Baisse des impôts, fonds souverain, préférence nationale dans les appels d'offres... Au salon du Made in France, les candidats à l'élection présidentielle ont déroulé leurs recettes pour soutenir la réindustrialisation.

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Valérie Pécresse
Valérie Pécresse, le 12 novembre sur le salon du Made in France.

Ce n’est pas le salon de l’agriculture, mais pour les politiques, cela y ressemble. Au parc des expositions de la porte de Versailles, à Paris, les candidats à l’élection présidentielle se sont bousculés au salon du Made in France (MIF). Après Jean-Luc Mélenchon, Valérie Pécresse, Arnaud Montebourg, Marine Le Pen et Nicolas Dupont Aignan vendredi 12 novembre, c’était au tout de Yannick Jadot samedi 13 puis du presque candidat Eric Zemmour, dimanche 14 novembre, de déambuler entre les stands de chocolats haut de gamme, de meubles ou de vêtement fabriqués aux quatre coins du territoire. 

RENFORCER LA COMPÉTITIVITÉ

Tous les cinq ans, le thème est un incontournable de la campagne. Qui peut sérieusement être contre la promotion du fabriqué en France ? Cette année, le sujet a pris encore une nouvelle dimension, alors que le Covid a fait apparaitre aux grands jours les vulnérabilités de certaines chaînes d’approvisionnement à l’étranger.

«La réindustrialisation, c'est bon pour le climat», avance Valérie Pécresse. Pour l'accélérer, «l’Europe doit exiger la réciprocité». La présidente de la région Ile-de-France prévoit de baisser les impôts de production et simplifier les normes pour rendre les entreprises plus compétitives. Afin de garantir sa souveraineté économique, «il faut veiller à la transmission des entreprises, car c’est souvent le moment où elles sont vendues à des actionnaires étrangers», estime la candidate à l’investiture de la droite, qui plaide pour un contrôle des rachats d’entreprises stratégiques plus politique exercé à l’Elysée, au sein d’un haut conseil à la souveraineté économique, et non plus seulement à Bercy.

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Un délit de trahison économique 

Sur le même sujet, Arnaud Montebourg revendique la création d’un délit de "trahison économique" pour les dirigeants qui céderaient leurs entreprises dans des secteurs stratégiques à des investisseurs étrangers sans en avertir l’Etat. Sur le salon, l’ancien ministre était présent comme candidat et exposant à la fois, dédicaçant ses pots de miel «Bleu blanc ruche ». «Le déficit de la balance commerciale s’est aggravé de 20 milliards d’euros depuis cinq ans, à 85 milliards d’euros. L’Allemagne, les Pays-Bas, l’Italie sont en excédent. Nous sommes au niveau de la Roumanie», rappelle Arnaud Montebourg. Relocaliser impliquera des «méthodes à la chinoise, à la japonaise ou à l’américaine», assure-t-il. En pratique, l'Etat devrait subventionner jusqu'à 75 % des investissements pour créer de nouvelles usines sur les segments jugés stratégiques.

«Il ne s’agit pas de tout faire en France», reconnait Nicolas Dupont-Aignan, qui veut diviser par deux l’impôt sur les sociétés des entreprises qui réinvestissent. Comme Marine Le Pen, il entend instaurer une préférence pour les entreprises nationales dans les appels d’offres lancés par l’Etat et les collectivités locales. «Quand on veut réserver des marchés à des entreprises européennes, on peut le faire», souligne Valérie Pécresse, favorable à une préférence européenne à l'unisson des autres candidats à l'investiture de la droite. Au-delà de l’étiquetage de l’origine des produits agroalimentaires, la candidate du Rassemblement national promet un fonds souverain alimenté par l’épargne des Français, à hauteur de 100 milliards d’euros par an, pour apporter un soutien en fonds propres aux entreprises innovantes et stratégiques et à des infrastructures. «France 2030 avec 30 milliards d’euros sur dix ans, ce n’est pas à la hauteur de ce qu’il faut mobiliser pour créer une vraie impulsion pour l’industrialisation», juge Marine Le Pen.

Bras de fer avec l'Europe

Mettre en place ces mesures impliquera pour une bonne part de s’affranchir des règles européennes. «L’Union européenne a déjà changé dans notre sens», estime la candidate du RN, «Ce sont des bras de fer à mener mais on ne les mène pas. Que va faire l’Union européenne si on étiquette nos produits ? On déduira les amendes des 9 milliards d’euros que l’on verse au budget européen», ironise-t-elle. Une position identique à celle d’Arnaud Montebourg. «L’Europe doit s’occuper de l’extérieur : lutter contre la domination des Gafam, la concurrence industrielle chinoise», estime l’ancien ministre, qui veut s’affranchir de plusieurs règles européennes au nom de l’intérêt stratégique vital, le temps de reconstruire le tissu industriel. 

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