Les deux pétroles de référence à l’échelle mondiale, le Brent européen et le WTI américain, regagnent de la vigueur au fur et à mesure de la relance de l’économie mondiale. Le Brent à échéance août tutoyait les 75 dollars le baril, le 21 juin, tandis que le WTI dépassait les 73 dollars. Déjà, la forte reprise en Chine avait limité la chute de la demande. La baisse de la production américaine de pétrole de schiste (faute de moyens) et la limitation – volontaire celle-ci – de la production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de leurs alliés de l’Opep+, dont la Russie, a aussi participé au rebond des cours, en faisant correspondre strictement la production à la demande.
Le rôle de l'Iran
Bank of America, Trafigura et Goldman Sachs ont tous trois évoqué la possibilité que le baril perce à nouveau le plafond des 100 dollars, une perspective à laquelle peu d’observateurs croyaient encore ces deux dernières années. Cela n’est plus arrivé depuis 2014, avant la formidable croissance de la production américaine appelée « révolution des schistes » ou « nouvel ordre pétrolier mondial ».
L’une des inconnues qui pourrait conditionner ce pic des cours est le retour – ou non – de la production iranienne sur le marché. L’élection du nouveau président conservateur Ebrahim Raïssi est perçue comme négative pour la renégociation de l’accord sur le nucléaire iranien. Même si celui-ci s’est engagé à poursuivre les négociations dans l’espoir d’une levée des sanctions, c'est avec moins d'enthousiasme et plus de conditions que son prédécesseur, le modéré Hassan Rohani.
Les producteurs américains plus disciplinés
La différence de prix entre le Brent et le WTI, elle, s’est à nouveau réduite (à 1,8 dollars, soit le spread le plus faible depuis novembre 2020) alors que le WTI avait décroché en 2020, souffrant de la crise de la demande. Le surplus local de production aux Etats-Unis avait même fait brièvement basculer sa valeur en dessous de zéro.
Les producteurs de pétrole de schiste se sont peu à peu disciplinés, leur accès aux financements s’étant renchéri sous la pression environnementale et d’années de pertes financières. Fini, le temps où ils bradaient leur pétrole sous le coût de production en pariant sur l’avenir. « La demande locale rebondit nettement tandis que les producteurs d’huiles de schiste maintiennent leur discipline, avec des exportations étatsuniennes et canadiennes vers le marché mondial plus importantes en volume que les coupes unilatérales de production de l’Arabie saoudite », relève la banque Goldman Sachs dans une note d’analyse. Un regain de la production américaine est attendu en 2022.



