Vermilion Energy va-t-il devoir se résigner à limiter sa production de pétrole en France ? Le préfet de Gironde a signé, le 11 juin, un arrêté préfectoral refusant la création de 8 puits de pétrole supplémentaires près de la Teste-de-Buch. Un camouflet pour l'entreprise canadienne qui exploite déjà 33 puits sur la concession dite de Cazaux et comptait sur ce projet pour maintenir son débit d’or noir en France.
Deux mois pour faire recours
L'entreprise pétrolière canadienne extrait les deux tiers du pétrole produit sur le sol français. A Cazaux, elle emploie 6 salariés et 15 sous-traitants pour produire de l’ordre de 1500 barils de brut par jour. Un goutte d'eau par rapport à la consommation intérieure du pays, très dépendant des importations.
La préfecture de Gironde avait déjà fait part de son intention, et a consulté le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires (Coderst), qui s’est prononcé contre l’autorisation le 4 juin. En février, la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher avait pris une position similaire. «L’Etat considère que ce projet vient à l’encontre de l’urgence climatique et des engagements de la France (...) pris dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat», défend la préfecture dans un communiqué de presse, arguant d’un motif «d’intérêt général de limitation du réchauffement climatique». Sa décision souligne que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime depuis 2021 que le volume d’hydrocarbures restant pour ne pas dépasser le seuil des 1,5°C est déjà couvert par les infrastructures pétrolières existantes.
Chez Vermilion, la décision ne passe pas. Lors d'une visite de L'Usine Nouvelle sur la concession, en 2024, l'entreprise arguait de l'importance stratégique de produire du pétrole en France et se disait confiante dans l'obtention de son autorisation de forages, n'excluant pas de futurs projets similaires sur d'autres gisements qu'elle exploite. Le groupe met en avant que la loi Hulot, votée en 2017 pour entériner la fin de l’extraction d’hydrocarbures en France à partir de 2040, empêche de délivrer de nouveaux permis de recherche mais pas de continuer à explorer et à exploiter les concessions déjà attribuées.

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«Convaincus de l’illégalité d’une telle décision, nous examinons les moyens à notre disposition pour faire valoir nos droits. Légalement, nous disposons de deux mois pour intenter un recours contre cet arrêté préfectoral», répond Vermilion par écrit à L’Usine Nouvelle.
L’extraction de pétrole en France - un combustible fossile directement responsable du réchauffement climatique, mais qui représente encore 30% de la consommation d’énergie primaire de la France en raison de son rôle en tant que carburant dans les transports - n’a pas fini de faire débat.



