Dans la crise sanitaire du Covid-19, certains métiers ont su tirer leur épingle du jeu, à l'image des ingénieurs. C'est ce que montre la dernière enquête de l'association Ingénieurs et scientifiques de France (IESF), qui interroge chaque année depuis 2005 ces professionnels. Sur les 53 000 personnes sondées de février à mi-avril, seules 4,7 % étaient au chômage fin décembre 2020, contre 3,5 % l'année précédente.
Ce chiffre cache malgré tout des disparités. Celles-ci sont d'abord régionales : le taux de chômage des ingénieurs atteint 6,9 % en Bretagne, 6,7 % en Bourgogne Franche-Comté, contre 3,7 % en Ile-de-France. L'emploi a souffert d'une baisse des recrutements, qui ont chuté par exemple de 31 % en un an en Occitanie et de 26 % en Nouvelle-Aquitaine, deux régions où de nombreux ingénieurs travaillent notamment dans l'aéronautique et le transport, deux secteurs durement touchés par la crise. A l'échelle nationale, 109 000 recrutements ont été comptabilisés en 2020, contre 131 000 en 2019.
Hausse des contrats précaires
L'enquête de l'IESF dénote également une situation différente selon l'âge, entre les ingénieurs bien installés et les jeunes diplômés : 68 % des chômeurs ont moins de 30 ans et sont à la recherche de leur premier emploi. La moitié de la promotion arrivée sur le marché du travail en 2020 avait un emploi au 31 décembre, contre près des deux tiers de leurs collègues de la promotion 2019 au 31 décembre 2019. Les ingénieurs diplômés en 2020 doivent également faire face à une augmentation des contrats précaires : parmi ceux qui ont trouvé un emploi, 18,4 % ont été embauchés en CDD, contre 14,8 % l'année précédente.

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En revanche, la pandémie n'a eu que peu d'impact sur la rémunération des professionnels. Le salaire brut médian se situe à 58 900 euros par an (contre 57 500 euros l'année dernière), avec environ 35 000 euros en début de carrière et près de 100 000 euros avant la retraite. De la même manière, la féminisation de la profession semble stagner : 28 % des ingénieurs diplômés en 2020 sont des femmes, un pourcentage qui n'a guère progressé depuis 2013.
Le train de la transformation numérique
L'origine sociale n'a pas non plus beaucoup évolué : seuls 18 % des ingénieurs diplômés en 2020 sont des enfants d'ouvriers ou d'employés et 58 % d'entre eux sont des enfants de cadres, de professions libérales ou d'entrepreneurs, soit exactement le même taux qu'en 1986. En 2020, 1 jeune sur 18 en moyenne est devenu ingénieur. Une probabilité qui grimpe à 1 sur 3 si le jeune est un enfant d'ingénieur, mais qui chute à 1 sur 20 avec un parent employé et à 1 sur 80 avec un parent ouvrier. Heureusement, l’ouverture sociale est favorisée grâce au nombre croissant de bourses d'études et au développement de la formation en alternance (+8 % par an).
Bien au-delà de l'adoption massive du télétravail, la crise du Covid-19 a en tout cas accéléré la digitalisation et 70 % des ingénieurs interrogés ont assuré être activement engagés dans la transformation numérique de leur entreprise. Une majorité d'entre eux indiquent être particulièrement sensibles à la protection des données et à la neutralité des algorithmes. L'association a néanmoins tenu à alerter quant à la situation de ceux qui resteraient en dehors de cette mutation et incite ainsi à veiller au maintien des compétences.



