Paris-Saclay de nouveau sacrée. L’université française basée en Essonne, notamment composée de Centrale Supélec, Agro Paris Tech et l'École normale supérieure, se place pour la seconde année consécutive à la première place en mathématiques dans le palmarès international thématique de Shanghai. Attirer les meilleurs profils des quatre coins du globe, exporter les siens dans les universités les plus prestigieuses : la visibilité internationale est un enjeu primordial pour les écoles d’ingénieurs.
Plus forts en réseaux
Composante de l'université Paris-Saclay, Centrale Supélec est membre du réseau Centrale, qui a bâti sa réputation internationale autour de deux piliers : le recrutement d'étudiants étrangers, la création de formations délocalisées. “A l’international, nos anciens étudiants se fédèrent plus. Ils se regroupent, irriguent le tissu économique local et diffusent la marque de l’ingénieur centralien”, analyse Marc Zolver, directeur des relations internationales de Centrale Supélec. Un rayonnement illustré par l'École Centrale de Pékin, de Casablanca, et la Mahindra École Centrale, située à Hyderabad, en Inde. “Après notre arrivée en Chine en 2005, ça a été l’effet boule de neige, avoue Marc Zolver. Un acteur industriel d’Inde nous a contactés pour instaurer le même modèle.”
Le réseau a aussi un autre atout selon François Rousseau, directeur des Mines Nancy, école membre de l'institut Mines-Télécom. “Il planifie l’action collective. Pour le recrutement en Chine, IMT organise avec nos partenaires sur places les épreuves écrites, puis les rencontres avec les étudiants intéressés." Attirer des étudiants internationaux peut également être le fruit du rayonnement scientifique d’un laboratoire. L’université de Lorraine est par exemple connue pour son expertise dans la métallurgie et l’intelligence artificielle. “Souvent, des enseignants-chercheurs étrangers vont passer le mot à leurs étudiants”, complète François Rousseau.
L’aubaine des universités européennes ?
Lors d’un discours à la Sorbonne en 2017, Emmanuel Macron évoquait le rayonnement international des formations ingénieurs françaises à travers la création d'universités européennes, “qui seront un réseau d'universités de plusieurs pays d'Europe, mettant en place un parcours où chacun de leurs étudiants étudiera à l'étranger et suivra des cours dans deux langues au moins.”
À l'issue des deux appels à projets, 41 alliances ont été sélectionnées, rassemblant 280 établissements d'enseignement supérieur, dont 32 Français. Parmi les lauréats, Grenoble INP et l'université technologie de Troyes (UTT), à la tête d'un consortium notamment composé de l'université de Dublin, Cluj, Sofia et Darmstadt en Allemagne. Un regroupement de huit campus qui devrait rassembler 100 000 étudiants autour d'un diplôme européen.
La présidence française du conseil de l'Union européenne lors du premier semestre 2022 devrait affiner les contours de ce projet. Encore en phase préparatoire, ces regroupements européens devront à l’horizon 2025 - selon la feuille de route établie par l'UE -, avoir établi un campus commun européen et défini stratégie commune pour la formation, la recherche et l'innovation. Des discussions auxquelles la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs (CDEFI) souhaiterait être associée, pour aider à faire émerger un titre, un diplôme ou une accréditation d'ingénieur européenne.



