Identifier le potentiel énergétique du sous-sol de Meurthe-et-Moselle. Voici l’objectif de la chaire REISOL (Réinvestir le sous-sol pour la transition énergétique), lancée par l'École nationale supérieure de géologie (ENSG - Université de Lorraine), fin mars. Alors que l’éolien et le solaire sont déjà bien implantés en surface, la terre pourrait abriter des gisements d’énergie ou permettre son stockage.
«Nous distinguons a priori trois niveaux : jusqu’à environ 300 mètres, la chaleur issue de panneaux solaires thermiques ou la chaleur fatale des industries peuvent être stockées, explique Yves Géraud, enseignant chercheur à l’Université de Lorraine et titulaire de la chaire. Ensuite, sous les 400 mètres, il est possible de stocker de l’hydrogène vert. A partir d’un kilomètre de profondeur, se trouvent des gisements d’énergie thermique et d’hydrogène primaire.»
ENSG - Yves Géraud Selon la profondeur, l'utilisation du sous-sol n'est pas la même : les niveaux les plus hauts permettent le stockage d'énergie ou d'hydrogène, tandis qu'au-delà de 1000 mètres se trouvent des gisements de chaleur et d'hydrogène natif. (ENSG - Yves Géraud)
Construire une base de données
Avant le forage, place à l’acquisition de données : études géologiques, géochimiques et géophysiques sont au programme pour concevoir une cartographie précise des sous-sols du département. «Il s’agit d’un travail exploratoire, reprend l’enseignant-chercheur. Dans un second temps, les industriels prendront la main avec des études plus fines pour exploiter la ressource.»
L’ADEME, la Région Grand-Est, la métropole du Grand Nancy, ainsi que certains industriels comme VICAT ou le groupe Salins soutiennent ce projet, ce qui a permis d’atteindre un budget de 400 000 euros pour la première année. Une dizaine de contractuels seront engagés pour cette mission, doctorants, post-doctorants et stagiaires en fin d’études. Parallèlement, l’université de Lorraine met à disposition de la chaire une équipe d’enseignants-chercheurs.



