Les tensions sur les approvisionnements et les prix des matériaux de construction inquiètent toujours les professionnels du bâtiment. “Certaines entreprises dénoncent des contrats signés car la perte qu’elles subiraient en réalisant le chantier sans révision de prix s’avèrerait plus forte que la pénalité qu’elles encourent en y renonçant. D’autres entreprises mettent réellement des salariés en congés ou en activité partielle, faute de matériaux pour réaliser les chantiers”, alerte Olivier Salleron, président de la Fédération française du bâtiment (FFB).
Tablant désormais sur une accalmie fin 2021 ou début 2022, contre une éclaircie initialement espérée cet été, la FFB appelle à une modification de la Loi de finances rectificative 2021 afin d’y intégrer un nouveau dispositif permettant le versement immédiat d’une dépense de carry back, une option destinée à reporter un déficit sur les bénéfices des trois années antérieures à celles du déficit. Ce crédit d’impôt serait versé au fur et à mesure des acomptes d’impôt sur les sociétés. Une mesure quasi-similaire avait été adoptée en 2020 afin d’aider certaines entreprises du secteur à traverser la crise.
Autres demandes : l’instauration d’un crédit d’impôt proportionnel au poste de dépenses en matériaux dans les entreprises, sur la base de l’index BT; ainsi que la prise en charge par l’Etat des salaires en cas d’activité partielle due aux pénuries de matériaux et le gel des pénalités de retard, que les donneurs d’ordres soient publics ou privés. L’indicateur des prix des produits acier pour le bâtiment établi par la FFB a progressé de 26,7 % entre décembre 2020 et avril 2021. Sur cette même période, d’après l’Insee, les prix de l’étain ont bondi de 45,2 %, ceux du cuivre de 22,2 %, ceux du minerai de fer de 17,5% et ceux de l’aluminium de 17%.
Le logement neuf rebondit enfin
Cette situation masque le rebond constaté au premier trimestre sur certains segments. En cumul de janvier à avril 2021, les mises en chantier de logements neufs ont progressé de 4,9% par rapport à 2019 et de 31,2% par rapport à 2020 (avec une période marquée par les effets du premier confinement). Sur l’amélioration-entretien, hors effet prix, le chiffre d’affaires au premier trimestre 2021 était de 2% en-deçà de son niveau du premier trimestre 2019, mais la rénovation énergétique était orientée à la hausse (+1,3%). La situation est moins réjouissante sur le non-résidentiel neuf (-16% de surfaces commencées par rapport à 2019, +6,1% par rapport à 2020). Tous contrats confondus, fin mars, le bâtiment comptait 48 000 postes de plus qu’au premier trimestre 2020.



