Les solutions du gouvernement pour faire face à la flambée des prix des matériaux de construction

Pour aider les entreprises du BTP à faire face à la flambée des coûts des matières premières dans le secteur de la construction, le ministère de l'Economie a annoncé le 15 juin la mise en place de trois mesures: l'annulation des pénalités de retard par les acheteurs de l'Etat, la mise en place d'un comité de crise et la médiation de filière. 

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Compte-rendu de la réunion entre la Fédération française du bâtiment et du ministère de l'Economie et des finances.

Conséquence de la reprise rapide de l'activité à l'échelle mondiale, le prix des matériaux de construction flambe. "Le secteur du BTP fait face à un effet ciseaux, avec une faible demande en 2020 liée à la pandémie et un redémarrage très fort", observe le ministre de l'Economie et des finances Bruno Le Maire en marge d'une réunion avec les professionnels du bâtiment le 15 juin à Paris. Souvent cité comme symbole de cette hausse brutale des prix, l'acier est passé de 500 euros la tonne à 1500 euros. "Mais ce n'est pas le seul produit concerné: le bois, le zinc, la ferraille...subissent également des hausses très fortes", ajoute le ministre.

Des chantiers menacent de s'arrêter d'ici à l'automne

Une situation qui fait craindre pour la pérennité du secteur du bâtiment: "30% des chantiers pourraient être à l'arrêt d'ici à l'automne si rien n'est fait", alerte Olivier Salleron, président de la Fédération française du bâtiment. Pour éviter que ce secteur, dont le chiffre d'affaires s'élevait en 2019 à 148 milliards d'euros (les deux tiers étant réalisés par des TPE / PME), y soit confronté, le ministère de l'Economie a dévoilé les premières mesures de protection.

Au premier rang d'entre elles: une circulaire à tous les acheteurs de l'Etat pour ne pas appliquer les pénalités de retard aux entreprises du bâtiment. "Cette mesure protégera toutes les entreprises du BTP, quelle que soit leur taille" a précisé Bruno Le Maire pour qui la situation actuelle doit être considérée comme un cas de force majeure. Le gouvernement compte également demander aux collectivités locales d'appliquer la même mesure.

Le joker du "name and shame"

En parallèle, un comité de crise, présidé par le médiateur des entreprises, sera mis en place. L'objectif: "remonter les comportements anormaux au sein de la filière". L'Etat se laisse par ailleurs la possibilité d'utiliser la technique du "name and shame", qui consiste à nommer les mauvais donneurs d'ordre, si le principe de solidarité entre les entreprises n'est pas appliqué.

Enfin, dans un second temps, Bercy entend mettre une médiation de filière pour amortir le choc de cette flambée des prix sur les entreprises du BTP. "Nous avons tous été surpris par le redémarrage" concède Bruno Le Maire, qui précise qu'au delà de la disponibilité des matières premières et matériaux, le secteur fait également face à une pénurie de main d'oeuvre. Un sujet dont les partenaires n'ont pas discuté aujourd'hui, "mais une clause de revoyure est prévue pour nous permettre de faire le point sur les solutions avancées et en projeter de nouvelles" a conclut le ministre.

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