En 2020, BigMat a enregistré une hausse de ses ventes de 3,6%. 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires ont été réalisés, dont la moitié en France, où la coopérative compte 89 adhérents, 291 points de vente et 3 000 collaborateurs. Le distributeur de matériaux de construction, qui vend à hauteur de 80% auprès des professionnels, incite ses adhérents à appliquer au plus vite les hausses tarifaires pratiquées par les fournisseurs, pénurie généralisée de matières oblige. Objectif : ne pas se laisser surprendre, après une année marquée par un faible nombre de défaillances d’entreprises. Ce qui constitue un soulagement : “nos clients nous ont payé”.
“Ce sont des hausses trop fréquentes et trop élevées pour ne pas être répercutées immédiatement. Nous incitons nos clients à être très vigilants sur les devis, dont les durées de validité doivent être beaucoup plus courtes, de quinze jours à un mois maximum”, commente Fabio Rinaldi, président du directoire de BigMat France. Les prix des aciers (ossatures) ont grimpé de 15% en février-mars 2021 et de 15% sur la période mai-juin; sur la colle et les enduits, selon les produits, les augmentations sont comprises entre 6% et 30% sur l’ensemble du premier semestre. Les matières premières à base de résine et les emballages sont aussi particulièrement concernés.
“Même sur des marchés européens, on n’a toujours pas récupéré la fermeture des usines à l’issue des premiers confinements. Je pense qu’on en a encore pour un moment. Il y a aussi les augmentations tarifaires qui en découlent”, poursuit le dirigeant, qui souligne la forte reprise de la demande en matières premières à l’international, ainsi qu’une multiplication par quatre du prix des containers en un an.
300 fournisseurs référencés
La centrale de BigMat référence 300 fournisseurs. Les adhérents, propriétaires de négoces, effectuent leurs achats directement auprès d’eux. Sur certains produits, dont le bois, des quotas ont été imposés par certaines entreprises. “Nous subissons collectivement cette pénurie. Néanmoins nous bénéficions tous d’une certaine protection, de garde-fous sur certains produits, du fait de nos relations de long terme avec une majorité de fournisseurs français et européens”, précise Fabio Rinaldi. Il reconnaît manquer de visibilité sur la durée estimée de cette situation. Même avec une filière plus locale, les plaques de plâtre, jusqu’alors livrées très rapidement, voient leurs délais d’approvisionnement s’allonger.
L’explosion du marché de la rénovation, depuis un an, contribue à alimenter la demande. “A la fin du premier confinement, les gens se sont « lâchés », avec un budget composé de records d’épargne et une remise en question d’aménagements, en télétravail ou en travaillant chez soi. Pour se faire plaisir, l’habitation est un budget important. Il y a eu des transactions dans l’ancien, avec souvent des travaux derrière. Plus de 30 millions de logements en France sont dans l’ancien. Nous avons une clientèle composée essentiellement d’artisans et de constructeurs de maisons individuelles, qui ont eu du travail”.
Un manque de bois amené à s’aggraver ?
Dans les prochains mois, BigMat, comme les autres enseignes de la distribution bâtiment, devra se préparer aux demandes nées de l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation RE2020 (en janvier 2022). “On parle déjà de la RE2020 avec l’accent qui sera mis sur la partie bois, alors que rien qu’aujourd’hui, nous ne sommes pas en mesure de répondre à la demande en fournissant les besoins actuels, sans réglementation”, regrette Fabio Rinaldi.
Autre challenge, corriger un “petit déficit d’image” sur sa profession, afin de recruter plus facilement 200 à 300 personnes (chauffeurs, vendeurs comptoir, des chefs de cours matériaux…) par an.



