Les réservoirs GNL de GTT s'arrachent toujours plus

GTT ne connait pas la crise. Et même le Covid-19 ne devrait pas entraver la croissance de ce spécialiste unique des réservoirs pour les gaz liquéfiés.

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Les réservoirs de GTT s’arrachent toujours plus
L’ingénieriste a adapté ses technologies pour répondre aux besoins des armateurs qui s’orientent vers un système de propulsion au GNL.

Une entreprise française hégémonique dans son domaine. C’est assez rare pour être signalé. GTT (Gaztransport & Technigaz), dont le siège est à Saint-Rémy-lès-Chevreuses (Yvelines), construit depuis un demi-siècle des systèmes de confinement à membrane cryogénique dédiés au transport et au stockage de gaz liquéfiés, notamment pour le gaz naturel liquéfié (GNL) dans les navires, essentiellement les méthaniers. Cette ETI constituée par Total et GDF vole de ses propres ailes, même si Engie reste son premier actionnaire.

Alors que le transport maritime est pointé du doigt pour son peu d’effort à réduire ses émissions polluantes et sa contribution au réchauffement climatique, le GNL est devenu la solution pour propulser les navires de commerce. S’appuyant sur ses solutions, GTT a enregistré ses premières commandes auprès d’armateurs, à commencer par le français CMA CGM, pour lequel il a conçu les réservoirs cryogéniques de neuf porte-conteneurs propulsés au GNL. Le premier a été mis à l’eau en septembre 2019. La compagnie du Ponant a également fait appel à GTT pour la construction des réservoirs du "Commandant-Charcot", le premier brise-glace de croisière alimenté au GNL. "Mais je ne suis pas certain que ce marché décolle avec la baisse du cours du pétrole, regrette Philippe Berterottière, le PDG de l’entreprise. Il devient plus difficile d’amortir les 20 millions de dollars de surcoût des navires, même si le GNL est moins cher que le gazole."

Une chasse bien gardée

Si les constructeurs de paquebots peuvent s’intéresser au GNL, beaucoup d’armateurs pensent qu’il ne s’agit que d’une solution intermédiaire pour atteindre la neutralité carbone et qu’il faut passer tout de suite aux technologies du futur (hydrogène, ammoniac). "Pour l’instant, ce ne sont que des idées théoriques et c’est le meilleur moyen de ne rien faire. Il faudrait plus de réglementations sur les émissions de gaz à effet de serre et polluantes", estime le PDG de GTT. L’entreprise assure l’ingénierie et la recherche des solutions pour les navires qui sont construits en Chine et en Corée du Sud. Sur les 456 salariés du groupe, 60 y sont détachés et 39 autres sont présents dans les filiales en Asie.

L’an passé, GTT a enregistré la commande de systèmes de confinement pour 57 méthaniers et six éthaniers de grande capacité. Le chiffre d’affaires a atteint 288,2 millions d’euros, en hausse de 17 % par rapport à l’exercice précédent, avec un Ebitda consolidé de 174,3 millions d’euros. Une année marquée par de nombreux projets de liquéfaction de gaz, avec plus de 70 millions de tonnes mis en construction. "La croissance va s’accélérer cette année malgré le Covid-19 et nous visons une croissance de 30%", prévoit Philippe Berterottière. GTT continue à engranger les commandes. Des concurrents asiatiques ont bien tenté de s’immiscer dans la chasse gardée du Français, mais ils semblent tous s’être cassés les dents. Cette activité demande beaucoup de technologies et de maîtrise, une expérience que GTT ne semble pas prête à partager.

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