Les raffineurs et les énergéticiens maintiennent la pression contre la réforme des retraites

Plusieurs fédérations CGT ont appelé à la grève contre la réforme des retraites ce jeudi 26 janvier. Les raffineurs ont bloqué quasiment toutes les expéditions de carburant selon la CGT, et les énergéticiens ont mené des actions "positives" sur les réseaux électrique et gazier.

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Reforme retraites manif Paris
La CGT est le seul syndicat qui appelle à la grève le 26 janvier, après le mouvement coordonné des huit syndicats le 19 janvier.

Le mouvement contre la réforme des retraites ne s’essouffle pas. Après la grève du 19 janvier, les huit organisations syndicales nationales ont appelé à la grève le 31 janvier. Mais la fédération des industries chimiques (Fnic-CGT) avait déjà appelé à poursuivre le mouvement les 26 et 27 janvier, et a été suivie par les fédérations des mines et de l’énergie (FNME-CGT) et des ports et docks de la CGT.

Grève massive chez les raffineurs

Chez les raffineurs, les premiers à déposer un préavis de 48 heures, la grève semble prendre de l’ampleur. «Chez les personnels de production, il y a entre 70 et 100% de grévistes dans tous les sites pétroliers du pays, et toutes les expéditions sont bloquées», affirme Emmanuel Lépine, secrétaire fédéral de la FNME-CGT à L’Usine Nouvelle. Selon lui, le seul site qui n’observe pas de mouvement de grève est le site de DPF (Dépôts pétroliers de Fos) à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). «Cependant, comme les raffineurs prévoient de se joindre à la grève du 31 janvier, un certain nombre d’entre eux ne feront pas grève pendant 48 heures», explique le secrétaire. Il prédit toutefois «beaucoup de perturbations» le 31 janvier, ainsi que du 6 au 8 février, et peut-être au-delà, puisque la grève sera reconductible. 

Des modes d'actions alternatifs chez les énergéticiens

Du côté de la FNME-CGT, «les électriciens et gaziers sauront faire preuve d’imagination, de créativité et de détermination», peut-on lire sur un communiqué. En plus d’un préavis de grève déposé le 26 et 27 janvier, les personnels en grève ont également appliqué des baisses de tarifs de l’énergie, allant parfois jusqu’à la gratuité chez «les plus précaires et les hôpitaux», entre autres. Ils auraient également rétabli des contrats gaz et électricité chez ces mêmes publics, selon Fabrice Coudour, secrétaire fédéral de la FNME-CGT.

«Nous voulions faire la démonstration que les syndicalistes maîtrisent l’outil de travail, explique-t-il. Nous prenons des risques en faisant cela, mais nous voulions mener des actions positives et populaires, compte tenu de la crise énergétique que nous traversons.» Si le taux de grévistes n’est pas connu, plusieurs personnels font la grève «pendant une ou deux heures», selon le syndicaliste. Contactés par L’Usine Nouvelle, la direction de GRDF ne signale «pas d’alerte particulière» concernant le taux de grévistes, tandis que la direction de RTE «n’a pas comptabilisé {les grévistes} car il n’y a pas de mobilisation au niveau national». D’après Reuters, «la production électrique a été réduite de 100 mégawatts sur le réacteur nucléaire de Belleville 1.»

La fédération nationale des ports et docks, quant à elle, a appelé à un «arrêt de travail de 24 heures le jeudi 26 janvier» et à la «suppression des heures supplémentaires et shifts exceptionnels à compter du 26 janvier», selon un communiqué. Jointe par l’Usine Nouvelle, la fédération des ports et docks n’a pas souhaité répondre à nos questions.

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