«Prends une casquette, il faut qu’on soit bien visibles !» A Paris le 19 janvier, place de la République, la CFE-CGC est prête à manifester. Philippe Heurtebise, secrétaire fédéral de l’UNSA-CFE Energies, traîne avec lui une valise pleine de casquettes, gilets et drapeaux et aborde les militants avec enthousiasme. «Tiens, prends un drapeau, toi ! Vous en voulez aussi ?», dit-il, grand sourire aux lèvres.
Une réforme injuste, dénoncent les syndicats
Les huit syndicats nationaux se sont réunis dans 180 mobilisations réunissant plus d’un million de manifestants à travers le pays, selon la CGT. Leur but ? Faire reculer le gouvernement sur la réforme des retraites. «On est là pour lutter contre les fausses vérités du gouvernement», assène Bettina Hortal, secrétaire fédérale CFE Energies à GRTGaz. Arborant fièrement la casquette et le gilet blanc de son syndicat, Philippe Heurtebise claque la bise à tous les militants qui arrivent, pendant qu’une voix grave dans un mégaphone lance : «On ne veut pas être condamnés à travailler toute notre vie !»
Réunis en cercle, plusieurs militants discutent de l’injustice de la réforme. «Si c’était vraiment nécessaire de travailler plus, on le ferait», affirme Anne Deudon, secrétaire fédérale à EDF. «Bizarrement, on ne touche pas aux régimes des avocats, des parlementaires et des gendarmes», abonde Philippe Heurtebise. Les militants de la CFE Energies protestent notamment contre la suppression du régime spécial des Industries électriques et gazières (IEG), mais pas seulement. «Tout le monde va devoir travailler deux ans de plus, on n’est pas sur une défense d’un régime spécifique, on se bat pour tout le monde», affirme Bettina Hortal. «Il faut aussi parler de comment cette mesure affecte les femmes, qui sont le plus souvent touchées par des périodes d’inactivité que les hommes. C’est double peine pour elles !», ajoute t-elle.
«La clause du grand-père, on en reparlera dans dix ans»
A quelques centaines de mètres là, se dresse le cortège de la CFDT. «Ils disent qu’on est à un million de manifestants», se réjouit un militant. Derrière la banderole de la Fédération Chimie Energie (FCE-CFDT), Stéphane Galiné, militant, attend le début de la marche. «En mars 2020, le projet de loi de la retraite à points correspondait à ce que voulait la CFDT. Aujourd’hui, le compte n’y est plus, explique le secrétaire CFDT à Sanofi. Leur traitement de la pénibilité et des carrières longues est inadmissible. Ils ne connaissent pas le vécu des ouvriers qui travaillent dans le caoutchouc, par exemple, qui passent la journée devant la presse à injection et qui respirent divers polluants chimiques.»

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Derrière lui, Laurent Bousquenaud, secrétaire général de la FCE-CFDT ne cache pas sa colère. «On nous propose une clause du grand-père, mais on en reparlera dans dix ans. Il y aura plus de retraités que de cotisants et notre caisse s’effondrera.» La clause dont parle le secrétaire consiste à appliquer le régime général des retraites uniquement aux nouveaux arrivants dans les entreprises de l’énergie, laissant les anciens dépendre du régime spécial IEG. Julien Lambert, dirigeant fédéral de la Fédération nationale des mines et de l’énergie (FNME-CGT), partage son avis. «Dans cinq ans, il y aura déjà un déséquilibre.»
A 15h30, la marche parisienne peine à décoller, et la CFE-CGC est toujours dans l’attente, mais Bettina Hortal est déjà prête pour la suite. «Nous sommes pour la reconduction de la grève. Il est tout à fait normal de continuer à nous mobiliser dans ces conditions.» Plus tard dans la soirée, après une assemblée générale, l’intersyndicale a appelé à une nouvelle journée de protestation le mardi 31 janvier.



