Après des heures de suspense, le nouveau Premier ministre a dévoilé la composition de son gouvernement, lundi 6 juillet à 19 heures. Du monde politique aux associations, l’équipe formée par Jean Castex suscite déjà beaucoup de réactions, même si les secrétaires d’Etat n’ont pas encore été désignés. Après la crise du Covid-19 et dans un contexte social tendu, des défis importants attendent les nouveaux ministres.
Scepticisme des associations sur la Transition écologique
Le ministère de la Transition écologique et solidaire représente un portefeuille stratégique. Surtout après la victoire des écologistes aux élections municipales. Pour mener l’offensive sur les questions environnementales, l’exécutif a choisi Barbara Pompili, une députée passée chez EELV avant de rejoindre le Parti socialiste puis La République en Marche. Au passage, le ministère raccourcit son appellation et devient simplement celui de la Transition écologique.

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Barbara Pompili disposera-t-elle d’une marge de manoeuvre suffisante pour s’affirmer comme la numéro trois du gouvernement ? Les principales associations écologistes ont exprimé des doutes. “Nous n'avons aucun doute sur ses convictions et son expérience. Nous en avons beaucoup plus sur son influence réelle face à un Président omniprésent et une majorité parlementaire qui freine sur le climat”, a jugé Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.
Même son de cloche chez WWF, une ONG davantage réformiste. “Le changement de gouvernement ne garantit pas pour l'instant un changement profond de politique, écrit l’organisation sur Twitter. Le WWF France regrette que la relance ne soit pas positionnée comme une ‘reconstruction écologique et sociale’.”
Une absence remarquée dans le Numérique
Dans le monde économique, une absence a été soulignée : il n’y a toujours pas de ministère dédié au Numérique. Jusqu’à présent, Cédric O était secrétaire d’Etat chargé du Numérique et rattaché au ministère de l’Economie. Les nouveaux secrétaires d’Etat n’ont pas encore été désignés. S’il est probable que cette fonction perdure, plusieurs acteurs regrettent que le numérique ne fasse pas l’objet d’un ministère indépendant.
“Alors que la France vient de vivre le plus grand moment de transformation numérique de son Histoire, que les usages numériques développés pendant la période de confinement ont conforté la supériorité des solutions extra-européennes, le gouvernement envoie un signal particulièrement inquiétant en ne nommant pas un.e ministre du numérique”, dénonce dans un communiqué France Digitale, l’association qui représente les start-up françaises.
“Les derniers mois ont mis en exergue le terrifiant désarmement technologique de notre pays. Ce constat est valable pour la puissance publique : tandis que le Quai d’Orsay découvrait le télétravail pour la première fois de sa vénérable Histoire, les Hôpitaux publics se sont retrouvés démunis face aux cyberattaques et l’Education Nationale n’a pas su organiser la continuité pédagogique ‘en ligne’ pour des milliers d’écoliers défavorisés”, fustige l’organisation. Selon elle, à défaut de ministère dédié, un secrétariat d’Etat à la transformation numérique devrait être nommé dans chaque ministère “régalien”.
Un duo Intérieur-Justice controversé
Gérald Darmanin a pris la place de Christophe Castaner au ministère de l’Intérieur. La principale surprise du remaniement reste l'arrivée de l’avocat Eric Dupond-Moretti à la place de Nicole Belloubet au ministère de la Justice. Deux nominations vivement commentées alors que les manifestations contre les violences policières et contre les inégalités agitent la France et les Etats-Unis.
Les associations féministes ont particulièrement critiqué la nomination de Gérald Darmanin, visé par une enquête à la suite d’une accusation de viol. Le réseau “Osez le féminisme !” a également présenté Eric Dupond-Moretti comme un “masculiniste notoire, défenseur de la culture du viol, et des violeurs”.
Plus largement, la nomination d’Eric Dupond-Moretti, célèbre ténor du barreau, a suscité une levée de bouclier chez l’Union syndicale des magistrats (USM). “Nommer une personnalité aussi clivante et qui méprise à ce point les magistrats, c'est une déclaration de guerre à la magistrature”, s’est indignée Céline Parisot, présidente de l'USM, citée par La Dépêche. “Eric Dupond-Moretti semble détester les magistrats qu'il ne se prive pas d'insulter régulièrement, il souhaite la suppression de l'Ecole nationale de la magistrature (ENM), la scission du corps (siège/parquet), soit tout l'inverse de ce que porte l'USM”, ajoute-t-elle.
Que pensent les syndicats ?
Lundi 6 juillet, les principales organisations syndicales sont restées prudentes face à l’arrivée de Jean Castex au gouvernement. “Le rôle d’un syndicaliste, c'est de faire avec les interlocuteurs qui sont devant lui”, s’est contenté de réagir le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, au micro de LCI. "Je souhaite, moi, que ce nouveau Premier ministre soit dans une logique de dialogue, qu'il organise une conférence sociale et écologique telle que nous la demandons pour mettre les sujets sur la table", a-t-il ajouté.
Le chef de file de la CGT s’est montré plus offensif alors que le nouveau Premier ministre veut relancer la réforme des retraites. “Tous les syndicats sont d'accord aujourd'hui pour dire que la réforme des retraites, ce n'est pas un sujet prioritaire”, a déclaré Philippe Martinez sur LCI.



