Nomination

Jean Castex, le "Monsieur déconfinement" au parcours atypique, devient Premier ministre

L'Elysée a annoncé vendredi 3 juillet la nomination de Jean Castex au poste de Premier ministre, en remplacement d'Edouard Philippe. Ce haut fonctionnaire, ancien "Monsieur déconfinement" et délégué interministériel aux JO, est doté d’un parcours atypique entre l’Elysée, la Cour des comptes, la mairie d’une petite ville du Sud-Ouest, le ministère de la Santé... 

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Jean Castex a été nommé Premier ministre ce 3 juillet.

A 54 ans, Jean Castex devient le 23e Premier ministre de la Ve République. L'Elysée a officialisé sa nomination vendredi 3 juillet à la mi journée.

Ces dernières semaines, il était devenu le Monsieur déconfinement du gouvernement.Depuis 2017, il était délégué interministériel aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris de 2024.

Il conjugue une expérience des cercles du pouvoir au plus haut niveau, un tropisme pour les sujets sociaux et sanitaires, tout étant solidement ancré dans sa région du Sud-Ouest. Maire de la petite commune de Prades, réélu au premier tour le 15 mars dernier, il est aussi conseiller départemental des Pyrénées-Orientales. 

Homme de négociation et d’écoute selon ceux qui l’ont fréquenté, il avait été présenté par son prédécesseur, Edouard Philippe, comme "un homme d’une redoutable efficacité" lors de son intervention du 2 avril sur TF1. Il avait été pressenti pour occuper le ministère de l’Intérieur avant qu’on ne lui préfère finalement Christophe Castaner.

Proche de Xavier Bertrand

Il y a moins de dix ans, c’est auprès de Nicolas Sarkozy qu’il officiait, puisqu’il était, de 2011 à 2012, à la fois secrétaire général adjoint de l’Elysée et conseiller social du président, suite au départ de Raymond Soubie. Guillaume Cerutti, le PDG de Christie’s, l'a connu sur les bancs de Sciences-Po au début des années 1980. Il se rappelle qu'"il était déjà un animateur d'équipe et un excellent négociateur. Il aime convaincre et créer des liens."

En politique, c'est Xavier Bertrand qui le repère. "Je cherchais un directeur d'administration. Dès le premier entretien avec Jean, je savais que ce serait lui", témoigne celui qui était alors ministre de la Santé. Jean Castex devient en 2004 directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins. Entre les deux hommes, la proximité va croître, Jean Castex devient directeur de cabinet lors du premier passage de Xavier Bertrand au ministère du Travail en 2007. Il travaille alors beaucoup avec Raymond Soubie, alors conseiller social à l'Élysée qui remarque les qualités de ce Gersois doté d'"une excellente maîtrise des dossiers, d'une grande intelligence, de bonne humeur et d'humour...".

Paris mais aussi les régions

Après avoir quitté le ministère du Travail, il est pris d'une envie de terrain. Elle le conduit à se présenter à l'élection municipale de Prades (Pyrénées-Orientales) en 2008, remportée de justesse. "Je découvre le ravissement de cette fonction. Quand une loi est votée, il faut beaucoup de temps pour que cela change la vie des gens. Les décisions d'un maire ont des effets plus immédiats", expliquait-il à l’Usine nouvelle à l’époque. Depuis, il a été réélu, en 2014, avec plus de 70 % des suffrages, et en mars 2020, avec un score encore supérieur.

Ce n'était pas la première fois que ce passionné de rugby plaquait Paris pour partir en région. Après l'ENA (promotion Victor Hugo) et quatre ans à la prestigieuse Cour des comptes, il demande la direction de la Dass (la Direction des affaires sociales et sanitaires) du Var, un poste pas franchement prestigieux que le président de la Cour de l'époque lui déconseille. "Je ne savais qu'écrire des rapports, explique-t-il. Je voulais un poste dans le social, en province, avec des fonctions de management." Il poursuivra par des postes à la préfecture du Vaucluse et la présidence de la chambre régionale des comptes d’Alsace (2001 à 2004).

"Outre ses qualités conceptuelles, il est l'un des seuls conseillers qui peut dire au Président ce que pense la boulangère de Prades", expliquait Xavier Bertrand à propos de sa relation avec Nicolas Sarkozy. Et ce n'est pas lui qui fera de l'ombre à Emmanuel Macron.

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