Avant d’aborder ce qui fâche, la concertation sur les retraites a commencé par les sujets sur lesquels les syndicats ont le plus d’attentes : l’emploi des seniors et la pénibilité. Le but est d’améliorer le taux d’emploi des 55-64 ans, de 56% en France en 2021, contre 60,5% en moyenne dans l’Union européenne. Parmi les propositions du gouvernement : des exonérations fiscales ciblées sur certaines situations ; une mutualisation du coût des maladies professionnelles, une demande ancienne des organisations patronales ; un renforcement des droits à la formation après 45 ans ; le versement d’une aide financière au senior demandeur d’emploi qui reprendrait un travail moins bien rémunéré que l’ancien...
L’exécutif s’est dit favorable à la mise en place d’un index senior, défendu depuis 2019 par l’Association nationale des DRH (ANDRH), mais rejeté par le Medef. «Il ne s’agit pas d’y associer des pénalités, comme pour l’index égalité femmes hommes, précise Benoît Serre, le vice-président délégué de l’ANDRH. Mais en imposant l’examen de certains indicateurs, l’index changera la culture des entreprises sur les seniors.» Ces indicateurs seraient le taux de mobilité interne des plus de 55 ans, leur taux de formation et leur part dans les recrutements. Côté pénibilité, pas question pour le gouvernement de rétablir les quatre critères supprimés en 2017, comme le réclament les syndicats. Il propose des aménagements du compte pénibilité : majoration des points si cumul de plusieurs pénibilités, suppression du plafond, utilisation du compte pour se reconvertir. Un deuxième cycle de négociations commencera en novembre sur l’équité. Avec des sujets comme les régimes spéciaux et carrières longues, beaucoup plus explosifs.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3712 - Novembre 2022



