Analyse

Les négociations sur l'emploi des seniors s'achèvent, quelles sont les pistes proposées ?

Les partenaires sociaux attaquent, le 20 mars, l'avant-dernière séance de leur négociation sur le maintien en emploi des salariés de plus de 50 ans. CDI spécifique, réduction de la durée d'indemnisation au chômage... Plusieurs pistes ont été évoquées. En attendant, des entreprises se sont déjà lancées dans les aménagements de poste.

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A 57 ans, Jerome Delarue, est opérateur logistique chez VKR (groupe Velux). Il partage son temps de travail entre la manutention et les tâches administratives liées aux retours des produits.

Directeur de VKR France, une usine du groupe Velux installée dans la Somme, Renaud Grasset rappelle la règle que s’est fixée l’entreprise : «Représenter chaque génération à parts égales» parmi ses 350 salariés, dont 90% en production. «Cela évite une perte soudaine de savoir-faire et c’est très bon en termes de climat social, car jeunes et anciens s’entraident», relate-t-il. Conséquence : «On ne s’interdit pas les recrutements de personnes de plus de 50 ans, il y en a eu 18 sur les 50 embauchés au cours des trois dernières années.» Atypique !

Il n’est pas facile de retrouver un emploi lorsque l'on approche la soixantaine. Depuis plusieurs semaines, les partenaires sociaux négocient sur l'emploi des seniors et l'usure professionnelle. Ils se retrouvent le 20 mars dans l'après-midi. Pour encourager les employeurs à recruter un senior, le Medef propose la création d’un CDI spécifique pour les plus de 60 ans, que rejettent en bloc les syndicats. L’employeur serait assuré de son départ dès que les conditions de sa retraite à taux plein seraient remplies.

De son côté, le gouvernement, qui veut atteindre un taux d’emploi des 60-64 ans de 65% d’ici à 2030, contre 36,2% en 2022, tient à mettre fin à la durée d’indemnisation des demandeurs d’emploi seniors, plus longue que celle des autres chômeurs. Ce qui promet un bras de fer avec les partenaires sociaux, gestionnaires de l'Assurance chômage.

Côté syndical, on prône plutôt un suivi de la santé et une mise à jour des compétences tout au long de la carrière. «Un métier pénible peut être une entrée dans la vie active, mais il faut en changer», juge Jean-François Foucard, le négociateur de la CFE-CGC. Unies comme rarement, les organisations syndicales se sont mises d'accord sur 10 propositions, mises sur la table de la négociation le 20 mars. Elles réclament une retraite progressive «opposable», que l'employeur ne pourrait pas refuser, à partir de 60 ans.

L'emploi des seniors suscite un regain d’intérêt dans les sociétés qui rencontrent des difficultés de recrutement. Pour garder leurs seniors, certaines proposent de la polyvalence. Chez VKR, Jérôme Delarue, 57 ans et opérateur logistique, partage ainsi son temps de travail entre la manutention et tâches administratives liées aux retours des produits. D’autres entreprises acceptent les temps partiels ou les retraites progressives, mettent fin aux horaires d’équipe ou facilitent la vie des salariés aidants. Puisque les seniors vont rester deux ans de plus, toutes devront organiser autrement leur travail.

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