Les engagements de Voltalia, deuxième industriel « à mission » coté en bourse après Danone

Après l’adoption des raisons d’être l’an dernier, la saison 2021 des assemblées générales voit apparaître quelques nouvelles sociétés à mission. C’est le cas du producteur d’énergies vertes Voltalia qui tiendra son AG le 19 mai. C'est le second industriel à s'engager après Danone en 2020. Explication avec son PDG, Sébastien Clerc.

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centrale éolienne Voltalia Brésil  Areia Branca
Installation d'éoliennes de Voltalia au Brésil à Areia Branca

Sébastien Clerc, le PDG de Voltalia n’est pas découragé par la mise à l’écart d’Emmanuel Faber, l’ex PDG de Danone. Il s’apprête à soumettre au vote des actionnaires lors de son AG du 19 mai, l’inscription de la qualité de « société à mission » dans les statuts de Voltalia. Ce sera le deuxième industriel coté, après Danone, et le premier dans les énergies renouvelables. En janvier, la foncière Frey, également cotée sur Euronext, a aussi adopté ce statut. L’ETI Voltalia qui a réalisé 233,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020 est active dans l’hydro, la biomasse, le solaire, l’éolien et le stockage en batteries.

« Pour nous l’entreprise à mission était une évidence et en réalité une mise en cohérence avec la raison d’être que nous avons définie depuis six ans : améliorer l’environnement mondial en favorisant le développement local », affirme Sébastien Clerc. Selon lui, la mésaventure du patron de Danone n’est pas liée au sujet de la société à mission. « Nous ne voyons pas de contradiction entre la rentabilité et la mission. Il y a une convergence, il faut faire des profits, c’est même nécessaire mais en étant porté par une mission, on se développe mieux. Les salariés ne se lèvent pas le matin uniquement pour maximiser le profit de l’actionnaire.»

Le soutien des principaux actionnaires

La résolution devrait passer sans problème car elle est soutenue par l’actionnaire principal de l’entreprise, Creadev (la société d’investissement de la famille Mulliez) qui y est favorable et deux actionnaires de référence qui ne peuvent que partager ce projet, Proparco (filiale de l’agence française de développement) et la BERD.

Concrètement l’entreprise va inscrire dans ses statuts 3 objectifs environnementaux et sociaux : « agir pour la production d’une énergie renouvelable accessible au plus grand nombre ; contribuer avec les habitants au développement durable des territoires ;  œuvrer pour la préservation des ressources de la planète.» Pour valider la réalité de ses engagements, l’entreprise se dotera d’un comité de mission dont la composition sera dévoilée lors de l’AG.

Un modèle économique propice

L’entreprise estime que son business model contribue activement à développer le parc d’énergies renouvelables car elle n’est pas uniquement propriétaire d’installations mais développe des actifs pour en céder la propriété. « C’est plus facile d’acheter des centrales que d’autres ont construites et d’attendre 20 ans. Mais cela ne développe pas les énergies décarbonées au niveau global» souligne Sébastien Clerc qui rappelle aussi que « 80 % de sa production d’électricité n’est pas subventionnée, grâce à un choix de sites solaires ou éoliens à haut rendement ». L’entreprise a été la première à lancer en France les corporate PPA, des contrats de fourniture d’électricité verte à des entreprises sans subvention non plus.

Enfin, les projets dans les pays émergents s’accompagnent de création d’emplois locaux et de projets de développement dans les communautés « Au Brésil, qui est un des pays où nous sommes très actifs, nous avons mené 41 projets de développement comme de la pisciculture, du dessalage d’eaux saumâtres, des maisons pour personnes âgées, etc… Au global 2 millions d’euros de dépenses. »

Restera à remplir la promesse d’œuvrer pour la préservation des ressources de la planète « sur l’ensemble de la chaîne de valeur ». Pour éviter les conflits d’usage sur les terres, l’entreprise développe l’agriphotovoltaïque (ou agrivoltaïque), qui permet de faire pousser des cultures ou de maintenir des élevages sous les installations. Le challenge est encore à relever sur le sourcing des équipements et le recyclage en fin de vie. « Sur les panneaux, les filières de recyclage sont en place. Sur les pales d’éoliennes, elle va se structurer, mais de toute façon nos installations sont jeunes, nous n’en avons pas encore à donner. Et on peut remarquer que même si on ne recyclait pas, le bilan environnemental resterait encore très positif par rapport à l’usage de fossiles » veut croire Sébastien Clerc.

En 2020, Voltalia disposait de 1 Gigawatt de capacités installées et a produit 2,8 Térawatt-heure qui alimentent 3,8 millions de personnes dans une vingtaine de pays.

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