Après plus de six mois de tensions, le sort d'Emmanuel Faber à la tête de Danone a été scellé dimanche 14 mars. Un conseil d'administration a finalement donné raison aux fonds activistes qui, depuis le début de l'année 2021, demandaient la tête du PDG arrivé à la tête de Danone en 2017. Dans leurs différents courriers, les investisseurs reprochaient notamment à Danone ses résultats financiers en deçà de ceux de ses concurrents.
Une marge opérationnelle inférieure
C'est sur la marge opérationnelle que se sont notamment focalisées les critiques. En 2020, le groupe industriel français affichait une marge opérationnelle de 13% touchée par la baisse de la consommation de l'eau en bouteille qui représente 20% de son chiffre d'affaires. En comparaison, sur la même période, Nestlé et Univeler, deux des principaux concurrents de Danone, affichaient une marge opérationnelle de respectivement 17,7 et 18,5%.
Nestlé performe sur les eaux et la nutrition santé

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Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
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Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
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Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Ces résultats sont notamment tirés par la bonne résilience des groupes suisses et néerlandais dans les secteurs dans lesquels ils font face à Danone. Ainsi, Nestlé a réalisé, dans le secteur des eaux où il possède les marques Vittel ou San Pelegrino, un chiffre d'affaires de 5,78 milliards d'euros en 2020 en recul de 15% par rapport à 2020. Chez Danone, les eaux sont en repli de 18,1%.
Au-delà de ce chiffre, c'est le poids de ce secteur dans le business model de l'industriel français qui est questionné. En effet, les eaux y représentent près de 20% des ventes contre 6,1% chez le géant suisse. "Sur le long terme, notre portefeuille est plus résilient que celui de la concurrence", tente d'expliquer un porte-parole de Danone. "Quand les déplacements vont revenir, notre forte exposition sur le secteur des eaux sera un avantage", ajoute-t-il. Un élément qui ne semble pas convaincre les investisseurs, aux yeux desquels la croissance de la marge les années précédentes étaient avant tout le résultat de coupe plutôt que de la politique d'innovation du groupe.
La comparaison dans le secteur de la nutrition santé tourne également à l'avantage du groupe suisse. Dans son rapport annuel, le groupe de Vevey précise que ce secteur pèse, en 2020, 11,4 milliards d'euros, en croissance de 1,7%. Bien que le périmètre ne soit pas exactement identique, le pôle "Nutrition Spécialisée" de Danone affiche quant à lui une diminution des ventes de -0,9% affaibli par le recul des ventes en Chine où cette division réalise 22% de son chiffre d'affaires. Le recul de la natalité en Asie fait craindre aux investisseurs un recul encore plus marqué de ce chiffre sur les prochaines années.
Un portefeuille qui n'est pas comparable
Mais la bonne résilience de Nestlé en 2020 est avant tout le fruit de son succès sur des secteurs très éloignés des centres d'intérêt de Danone à l'image de l'alimentation animale où le groupe suisse affiche une croissance de 10% à 13 milliards d'euros ou du café. Ce dernier secteur représente 26,4% des ventes de Nestlé et a affiché, en 2020, une croissance de 3,2% à 20 milliards d'euros.
Quant à Unilever, souvent présenté comme un concurrent de Danone, son portefeuille est exposé à d'autres secteurs que l'industriel français comme les substituts végétaux à la viande ou les aides culinaires. L'évolution des besoins des consommateurs permet au groupe néerlandais, propriétaire des marques Ben & Jerry's, d'afficher une croissance de son département agroalimentaire de 1,1% en valeur et 0,1% en volume. Les résultats du groupe néerlandais sont d'ailleurs avant tout tirés par les produits d'hygiène qu'il commercialise. Des chiffres qui ont soutenu le cours de bourse des deux acteurs. Celui de Nestlé a augmenté de 45% en 2020, celui d'Unilever de 70% alors que celui de Danone a plafonné à 3%.



