Selon l’Insee, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) a atteint 7,8% au premier trimestre 2020, contre 8,1% au dernier trimestre 2019. Le nombre de chômeurs diminue de 94 000, à 2,3 millions. L’institut précise que la période de confinement, qui a commencé le mardi 17 mars, n’a eu d’impact direct que sur deux des treize semaines étudiées. Mais suffisamment fort pour faire fléchir le taux de chômage de 0,3 point.
Attention, prévient l'Insee, cette baisse du taux de chômage est "en trompe l’œil". En effet, pour être retenu comme chômeur au sens du BIT, il faut réunir trois critères : être sans emploi la semaine où on est interrogé, rechercher activement un emploi au cours des quatre dernières semaines, et être disponible pour travailler au cours des deux prochaines semaines. Or "la période de confinement a fortement affecté les comportements de recherche active d’emploi" relève l’Insee.
Les personnes sans emploi souhaitant travailler ont renoncé à rechercher un emploi quand leur secteur d’activité était à l’arrêt, comme l’hôtellerie-restauration, le bâtiment, l’événementiel. Certaines ne pouvaient se déclarer disponibles car elles devaient garder leurs enfants à domicile, étaient de santé fragile ou, confinées, ne s’autorisaient pas à sortir pour chercher du travail.
Pas d'amélioration du marché du travail
Dans un focus sur les deux semaines de confinement, l’Insee constate que "seules42% des personnes de 15-64 ans sans emploi au sens du BIT et souhaitant travailler ont été disponibles et en recherche active, contre 65% au cours de la même période de 2019". Un recul de 23 points ! Parmi ces personnes ayant renoncé à chercher un emploi ou non disponibles et interrogées la dernière semaine de mars, 27% ont spontanément invoqué le virus et le confinement comme raisons, alors que cette réponse n’était pas proposée.
"Au total, le chômage au sens du BIT est plus faible durant la période de confinement, sans que cela ne traduise une amélioration du marché du travail", conclut l'Insee.
Secteurs à l'arrêt
Ces statistiques recoupent l’interprétation donnée par la ministre à l’annonce de la très forte hausse du nombre de demandeurs d’emplois en mars : elle s’expliquait essentiellement par les fins de CDD et de contrats d’intérim, notamment dans les secteurs à l’arrêt, et la non-entrée sur le marché du travail des jeunes à la recherche d’un premier emploi et de femmes au foyer souhaitent reprendre le travail.
Le taux de chômage, qui était stable sur les 11 premières semaines du trimestre, à 8,5% en moyenne, a fortement chuté en fin de trimestre, pour s’établir à 5,4% en moyenne durant les deux dernières semaines de mars. En l’absence de confinement, conclut l’Insee, le taux de chômage aurait été stable, à 8,2%. La magie des statistiques.



